Diplômé d’Expertise-Comptable (non inscrit) et activité principale d’enseignement (page 4/6)
Il s’agit donc de jeunes diplômé(e)s qui choisissent d’abandonner l’exercice libéral pour de multiples raisons, on peut
en évoquer ici trois principales :
- soit par ce que leur stage ne leur a pas donné satisfaction.
- soit parce que n’ayant pas de relations, ils ne pensent pas pouvoir couvrir les frais fixes professionnels.
- soit parce qu’il s’agit de jeunes mères de famille, qui souhaitent avoir du temps pour leurs enfants tout en apportant un complément de revenu au foyer.
Concrètement, il s’agit d’enseigner en Ecole de Commerce privée (type ESC), ou dans des classes préparatoires privées au DPECF/DECF.
Les contrats sont de droit privé et tout est négociable : heures de travail, emploi du temps, salaire.
De par mon expérience, je dirais que ce sont des gens qui effectuent environ 20 heures par semaine sur 4 jours(avec un public facile car très motivé), dans une ou deux spécialités.
C’est une très bonne solution pour qui veut abandonner l’exercice libéral , cela évite de passer par le concours d’agrégation ou la thèse. Par contre les places sont rares et le licenciement ou la faillite de l’école (ex :ICS Bégué à Paris) sont toujours possibles…
Professeur permanent dans un établissement privé
On commence rarement comme professeur permanent : le jeune diplômé se verra confier quelques heures de cours la première année (4 à 6 heures par semaine) ; puis, donnant satisfaction, on lui proposera d’intervenir sur d’autres modules.
Payé tout d’abord à l’heure, il pourra ensuite évoluer vers un contrat d’enseignant permanent (CDI) prévoyant un volume annuel pour une rémunération globale.
Concrètement, il faut viser les ESC ou des préparations au DECF importantes telle l’ENOES à Paris.
L’avantage par rapport au fonctionnaire est d’être certain d’effectuer un travail intéressant : il a été dit plus haut combien il est difficile dans le public d’obtenir des classes préparatoires.
Un public motivé, sociologiquement très privilégié (jusqu’à 7000€ de frais de scolarité par an…) ; mais aussi souvent des classes ou effectifs surchargés (plus de 50 étudiants dans la classe…), et donc un travail lourd à préparer et des heures d’enseignement stimulantes, mais très fatigantes.
Professeur vacataire dans plusieurs établissements publics et privés
Le cas est fréquent de rencontrer de jeunes diplômés d’expertise-comptable qui enseignent comme vacataires dans divers établissements.
Contrairement à la démarche de celui qui est aussi inscrit au tableau, il s’agit généralement ici d’une position d’attente, d’une transition.
Les vacations dans le secteur public ne sont possibles que pour celui qui dispose déjà d’une couverture sociale. Concrètement, cela signifie qu’il doit justifier d’une activité salariée d’au moins 1000 heures par an (ou 333 heures d’enseignement) chez un ou plusieurs employeurs privés.
Si l’on considère qu’une année scolaire comporte environ de 32 à 35 semaines (un peu moins dans les Ecoles de Commerce ou d’Ingénieurs qui envoient en stages leurs étudiants), cela veut dire que le secteur public n’est ouvert qu’à celui qui justifie déjà d’une dizaine d’heures d’enseignement par semaine, ce qui est loin d’être évident en province ou pour celui qui débute.
Le « multi-vacataire » non inscrit à l’Ordre, a l’avantage de ne pas subir les cotisations professionnelles, ce qui place son seuil de rentabilité à revenu constant à un niveau plus bas ; par contre si financièrement c’est un peu plus facile, il n’y a guère d’espoir de développement.
Enfermé dans l’enseignement, à la recherche constante d’heures de cours, il risque de s’enfoncer dans la précarité, de perdre son acquis professionnel.
Cette situation est
dangereuse si elle ne débouche pas rapidement sur une position de professeur permanent ; elle ne doit donc être que temporaire ou la résultante d’une situation familiale particulière (mères en charge de jeunes enfants par exemple).
Fonctionnaire à l’Education Nationale
Cela concerne, rappelons-le, un diplômé d’expertise-comptable qui ne souhaite pas s’inscrire à l’Ordre.
Il s’agit souvent d’un enseignant ayant fait son stage en cabinet à mi-temps comme le prévoit la réglementation du stage.
Obtenant son diplôme d’expertise, mais satisfait du poste qu’il détient à l’Education Nationale, il ne souhaite pas exercer en libéral.
Il s’agit aussi d’experts-comptables diplômés qui, pour diverses raisons, passent les concours de fonctionnaires.
On rencontre généralement des personnes qui
privilégient leur qualité de vie.
Le sacrifice financier étant
considérable (un professeur agrégé effectue sa carrière à un revenu même pas égal à la moitié de celui d’un expert-comptable…), on y trouve des personnes de sexe féminin ou, des hommes ayant par ailleurs une situation patrimoniale somme toute confortable.
Généralement le conjoint est enseignant et les ascendants ont une culture de service public.
L’enseignant pourra faire quelques heures supplémentaires, participer aux jurys d’examens, écrire des ouvrages, faire de la recherche, du syndicalisme…
Il pourra aussi évoluer à l’intérieur de l’EN et devenir par exemple IPR ou Inspecteur Général (
le Doyen actuel de l’Inspection Générale d’Economie-Gestion est diplômé expert-comptable…)
Il s’agit alors d’une autre vie, d’autres préoccupations…
Texte écrit par
Patrick
Modérateur du Forum Compta-Online.
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