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72è congrès : les contraintes et attentes des professionnels du chiffre

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Catégorie : Actualité des métiers du chiffre
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Des propositions qui concernent les deux professions : EC et CAC

Le 72è congrès de l'Ordre des experts-comptables se termine au bout de trois jours intenses à Lille. Trois jours de conférences et ateliers homologués pour certains. Trois jours de rencontres entre pairs et partenaires de la profession comptable.

C'est l'occasion pour les 4 852 congressistes présents de découvrir bon nombre de nouveautés proposées par leurs partenaires les plus connus mais également de nouveaux partenaires.

Au cours de la plénière de clôture, dont l'objectif est de faire la synthèse des travaux des experts-comptables, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances répond aux deux présidents, Jean Bouquot et Charles-René Tandé.

 

Les attentes et contraintes des professionnels du chiffre

La plénière de clôture commence de manière traditionnelle par les discours des deux présidents. D'abord Jean Bouquot, président de la CNCC, puis Charles-René Tandé, président du CSOEC. Tous deux rappellent les attentes des professionnels du chiffre et font des propositions. Ils se mettent également au service des politiques pour mieux anticiper les conséquences des réformes à venir et éviter certains dérapages. La DSN en est un bon exemple.

Les 4 défis des commissaires aux comptes : attractivité, révolution numérique...

Les commissaires aux comptes sont confrontés à de nombreux défis parmis lesquels Jean Bouquot en retiendra quatre :

  • l'attractivité de la profession ;
  • la révolution numérique et la responsabilité collective en matière environnementale ;
  • le périmètre de la profession ;
  • la présence des commissaires aux comptes aux côtés des politiques pour sécuriser la reprise économique.

L'attractivité de la profession de commissaires aux comptes est un enjeu de taille car « même si nous restons profondément attachés au diplôme d'expertise comptable, les commissaires aux comptes doivent réformer le certificat d'aptitude à la profession de commissaire aux comptes (ou CAFCAC) pour valoriser beaucoup mieux les acquis de l'expérience » estime Jean Bouquot, président de la CNCC.

Il faut « lancer une ambitieuse réforme de l'accès à nos professions ».

5% des entreprises font appel aux commissaires aux comptes. C'est peu quand on considère que « l'audit légal à la française est beaucoup plus qu'une simple certification des comptes. C'est un certificat de sécurité dont tout l'environnement économique et social peut bénéficier » rappelle encore Jean Bouquot.

 

Charles René Tandé reprend les contraintes des professionnels et fait des propositions pour les cabinets et les entreprises

Pour être des relais de la croissance et aider au développement des entreprises, les experts-comptables ont d'abord besoin de simplification. Une simplification efficace qui doit leur permettre de mieux accompagner et conseiller les entreprises au quotidien.

Charles-René Tandé revient ainsi les conséquences de la déclaration sociale nominative ou DSN sur les cabinets. Les « équipes chargées du social » se sont retrouvées « en grande difficulté du fait de certains organismes complémentaires » qui n'avaient pas pris la mesure de cette réforme des déclarations sociales. Et ce n'est pas fini.

En 2018, deux autres chantiers importants s'annoncent. Ces chantiers sont le bulletin de paie clarifié et le logiciel de caisse certifié. Le décalage d'un an du lancement du prélèvement à la source est un soulagement pour les cabinets.


C'est pour cette raison que Charles-René Tandé, président du CSOEC, propose, dans les entreprises individuelles de :

  • repenser le statut de l'entrepreneur individuel avec la protection du patrimoine ;
  • d'harmoniser la trésorerie par la taxation des seuls prélèvements ;
  • de créer des aides à l'investissement.

Car « si la majoration des seuils des micro-entreprises constitue pour certaines sociétés une mesure de simplification, il faut être conscient de ses limites. La dissociation des seuils de TVA et IS génère déjà des interrogations et une entreprise qui prospère, qui se développe ne peut indéfiniment rester sous le régime forfaitaire ». estime Charles-René Tandé.

L'Ordre des experts-comptables va mettre à la disposition des cabinets des outils leur permettant d'initier une démarche d'identification du potentiel de croissance des entreprises.

« La compétitivité et la croissance de nos entreprises passe par un accompagnement renforcé. Le conseil est un investissement et non une charge. »

 

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, propose de recevoir les présidents à Bercy

De l'élargissement des régimes simplifiés aux projets 2018 en passant par la réforme du code du travail, Bruno Le Maire répond aux professionnels du chiffre.

Pour Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, l'élargissement des régimes simplifiés des micro entrepreneurs est une crainte commune avec les artisans. Il est prêt à « clarifier ces régimes », à « lever un certain nombre d'ambiguïtés » pour que « chacun y trouve son compte et qu'il n'y ait pas d'effet d'aubaine ».

La réforme fiscale doit permettre « d'apporter la preuve » aux entrepreneurs que s'ils entreprennent, ils garderont le fruit de leur travail, de leur audace et du risque qu'ils ont pris ».

La réforme du code du travail doit profiter à tous et doit s'accompagner d'une réforme de la formation en 2018.

Car « simplifier le droit du travail, sécuriser l'acte d'embauche, sécuriser les conditions du licenciement, c'est favoriser l'emploi et le travail dans notre pays, c'est favoriser l'esprit d'entreprise en France. » Trop d'entrepreneurs hésitent encore à embaucher parce que les contraintes sont trop lourdes.

De la même manière, la formation doit permettre aux entreprises qui ont des emplois à offrir, de recruter les profils dont elles ont besoin. C'est valable dans l'industrie, mais c'est aussi valable pour les professionnels du chiffre qui peinent à recruter.

« La troisième grande orientation est celle qui financera l'innovation ».

Le maintien du crédit d'impôt recherche et son élargissement doit permettre à un plus grand nombre d'entreprises d'en profiter. Le Ministre de l'Économie et des finances propose de « déplafonner ce CIR pour que le maximum d'entreprise y ait accès » et de le « simplifier pour que PME et TPE puissent y avoir accès beaucoup plus largement que ce n'est le cas aujourd'hui »

« Un fonds pour l'innovation de rupture sera également mis en place dans les entreprises du secteur concurrentiel. »

Enfin, parce que les experts-comptables et les commissaires aux comptes accompagnent 4 entreprises sur cinq au quotidien, le ministre recevra les deux présidents à Bercy pour prolonger la discussion sur un certain nombre de sujets. Parmi ces sujets, il y a bien sûr la DSN mais également les logiciels de caisse et le prélèvement à la source.

Le ministre s'engage également, à recevoir « tous les organismes complémentaires, ceux qui ne se sont pas mis aux normes et n'ont pas mis en place cette dsn pour leur demander de faire le nécessaire ».

Un rapport concernant le prélèvement à la source doit être déposé au parlement dans les prochains jours.

L'avenir des commissaires aux comptes dans les sociétés pluriprofessionnelles d'exercice sera discuté en 2018, dans le cadre de la loi sur la transformation des entreprises. Bruno Le Maire propose de « réfléchir à l'opportunité et à la possibilité juridique, d'inclure des commissaires aux comptes dans ces sociétés ».

 

Le prochain congrès de l'Ordre des experts-comptables doit se dérouler à Clermont-Ferrand du 10 au 12 octobre 2018 sur une thématique complémentaire, celle de la spécialisation.

Téléchargez le discours de Charles-René Tandé, président du CSOEC.


Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Directrice de la rédaction sur Compta Online


72è congrès : les contraintes et attentes des professionnels du chiffre