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Comment les experts-comptables américains attirent les millennials

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Catégorie : Ressources humaines
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Modifié le 04/07/2017

Attirer et conserver les Millennials en cabinet d'expertise comptable

Les Millenials regroupent l'ensemble des personnes nées entre 1982 et 2000.

Aux Etats-Unis ils sont actuellement plus de 83 millions, soit un quart de la force de travail du pays.

Parce que les mentalités changent et évoluent et que le monde du travail ne déroge pas à la règle, il est primordial d'adapter les structures et procédés managériaux actuels aux jeunes entrants sur le marché afin de les faire se sentir en confiance au sein de leur entreprise et de les rendre plus performants.

L'un des points sur lesquels il est important de travailler et sur lequel nous allons nous attarder aujourd'hui est la performance review- comme l'appellent nos amis américains - autrement dit : l'évaluation effectuée par votre manager. Ce feedback, donné à l'employé de manière plus ou moins régulière, permet de prendre du recul sur les efforts de chacun et d'évoluer et progresser à l'avenir en tenant compte de ses faiblesses et en insistant sur ses forces. Il s'agit d'un bilan aussi bien pour l'employé que pour son manager. Il s'agit de faire l'état des lieux du côté du manager et de l'employé.

Les employés interrogés dans les entreprises américaines ont le plus souvent l'impression de ne jamais recevoir de retour de leurs employeurs alors que ces derniers pensent l'inverse. Qu'en est-t'il dans les cabinets d'expertise-comptable aux Etats-Unis ?

 

22% des employés préfèrent se faire porter pâle plutôt qu'être évalués par leur manager !

TriNet, entreprise américaine proposant des solutions RH, a effectué un sondage en 2015 sur le ressenti des Millenials à propos des évaluations de leurs employeurs, notamment dans l'expertise-comptable. Les résultats ne laissent pas de place au doute : 62% ne pensent pas recevoir de retours de leur manager, 74% sont incapables de dire quel est le regard de leurs collègues sur leur travail, 59% considèrent que leur superviseur n'est pas préparé et entraîné pour donner un feedback à son équipe, 47% retiennent uniquement qu'ils ne sont capables de rien selon leur hiérarchie et 22% sont mêmes prêts à dire qu'ils sont malades pour éviter l'entretien de performance : une situation catastrophique qui nécessite de tirer la sonnette d'alarme !

Les réactions qui ont découlé de ce sondage ont même été pires que celles envisagées : 35% se sont plaints de leurs collègues, 28% ont commencé à chercher un autre emploi et 15% des personnes interrogées par TriNet ont pleuré. Ce qui signifie, que statistiquement parlant, sur une équipe de 10 personnes, 1 ou 2 vont pleurer après un feedback de leur manager. Inquiétant !

32% ont également avoué qu'ils aimeraient avoir la possibilité de mettre en avant auprès de leurs collègues la manière dont ils considéraient leur propre travail afin de souligner leur vision de la charge de travail qui leur est confiée.

Selon David Isaacs - Conseiller en gestion de patrimoine  et expert-comptable -,  le performance review en entreprise devrait être plus clair et transparent et véritablement aider l'employé à connaître ses faiblesses, ses forces, et progresser. Selon lui il s'agit d'un véritable outil managérial à prendre en considération et à utiliser au mieux. Cet outil, trop souvent délaissé ou mal utilisé, a d'autant plus sa place dans un monde où les Millenials sont de plus en plus nombreux à travailler.

 

Les solutions à apporter pour attirer et conserver les Millenials en entreprise

L'évaluation en entreprise est nécessaire pour les jeunes employés, nés après 1982, qui considèrent que les émotions ont toute leur place au travail et qu'il est important de communiquer pour créer un environnement plus serein et agréable.

Les Millenials souhaitent une plus grande flexibilité et qu'on leur accorde une confiance certaine pour se sentir à leur aise en entreprise.

Ils souhaitent pouvoir choisir leurs horaires, leur lieu de travail - en effectuant éventuellement du home office - et aimeraient adoucir la rigidité des règles et contraintes en entreprise. Ils aimeraient par exemple un dress code moins strict, ce que certaines entreprises ont tout à fait accepté.

Ayanna Coleman, 27 ans, est l'exemple parfait de la Millenials. Experte-comptable à New-York, elle a négocié avec son employeur de  travailler chez elle un jour par semaine en home office, ce qui est mieux adapté à son rythme de vie et diminue ses heures de trajet (3h en tout par jour). Elle se sent ainsi mieux dans son travail et est plus efficace.

Un autre élément mis en avant par ces jeunes employés est qu'ils ne souhaitent plus que leur performance soit quantifiée en nombre d'heures travaillées mais en termes de qualité, ce qui semble en effet plus cohérent.

Mais l'adaptabilité et la flexibilité ne sont pas les seules demandes des Millenials en entreprise, ils cherchent également à obtenir des feedbacks de leurs managers. Plus que tout, ils désirent une bonne cohésion d'équipe, un esprit communautaire fort et la possibilité d'évoluer dans leur emploi.

A ce sujet, en 2013, PwC a commencé à travailler avec l'Université de Caroline du Sud et la London Business School pour étudier les Millenials sur 2 ans et leur comportement en entreprise. Ils ont analysé le comportement des jeunes employés et ont remarqué que l'équilibre vie professionnelle/vie privée était primordial pour ces nouveaux entrants sur le marché, lire l'article « Comment concilier vie professionnelle et vie privée lorsqu'on est une femme ? ».

Pour Anne Donovan, travaillant dans la fonction ressources humaines pour PwC Los Angeles, les sept dernières années ont marqué un tournant dans l'attitude des employés et désormais les émotions ont toute leur place en entreprise. Selon elle, les Millenials veulent se sentir appréciés et encouragés.

Suite à cette étude, PwC a effectué des modifications en interne pour mieux appréhender ces changements : emplois du temps flexibles, dress code plus détendu, meilleure communication et plus de transparence. Le cabinet est sur la bonne voie !

Sarah Gillot

Sarah Gillot est Chef de Projet Online Marketing pour Makerist - start-up à Berlin - afin de développer le marché français.

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