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Compétences de l'expert-comptable et veille sur les technologies

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Catégorie : Actualité des métiers du chiffre
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« Les clients connaissent mal notre spectre de compétences »

Quelles compétences se doit d'acquérir l'expert-comptable ? Quelle veille sur les technologies à venir ?

Les cabinets importants sont structurés et se sont peut être déjà « cassés les algorithmes » sur des organisations non viables. Ces cabinets sont des défricheurs, ont toujours plusieurs coups d'avance, mais prennent en quelque sorte les coûts de R&D à leur charge.

La veille technologique peut se faire lors de réunions organisées par les professionnels du chiffre mais également par d'autres professions qui ont des missions similaires aux nôtres ou du moins des problématiques identiques, auxquelles ils ont répondu par des gains de productivités technologiques.

Ceux parmi les cabinets intermédiaires qui ont déjà pris en marche le train de la modernité n'ont finalement pas d'effort particulier à faire, si ce n'est conserver une veille pour ne pas manquer une évolution et être dépassé. Pour ceux qui sont déjà dans le train, il est nécessaire de faire monter en compétence les collaborateurs qui ont une appétence à se développer et à développer des offres de services alternatives. Par pudeur je crois la profession a tardé à mettre le conseil en avant, du moins à le chiffrer pour le vendre. Néanmoins nos cursus nous permettent sans rougir de répondre aux sollicitations de nos clients, même les plus pointues.

La veille technologique doit être couplée d'une veille commerciale et de structuration de l'offre. Nos clients connaissent mal notre spectre de compétences, ils nous voient toujours comme des généralistes capables de traiter des problématiques pointues.

Je suis toujours étonné lorsque je vois certains clients    négocier des augmentations d'honoraires pour des services rendus alors que d'autres professionnels souvent non rattachés à des Ordres et sans code de déontologie font passer des honoraires supérieurs aux nôtres et sans services après vente en cas de difficultés. Je passe ici un appel au président de l'Ordre car notre profession a dans l'opinion une image terne alors que nous sommes considérés et reconnus par nos clients. Le filtre instagram n'est pas le bon, nous paraissons sombres et rigides alors que nous avons de nombreuses « couleurs » à mettre en avant.

Les entreprises qui disposent d'un expert-comptable ne cessent de chanter nos louanges à en croire les sondages ou les études d'opinion alors que nous véhiculons une image galvaudée dans l'opinion publique. Cette opinion publique ne serait-elle pas constituée de nos clients ? Il faut battre en brèche ce stéréotype de l'expert-comptable terne et incapable de prendre de la hauteur.

Fort de ce constat, la profession doit prendre en considération sa diversité et travailler ensemble pour faire monter en compétences l'ensemble des diplômés et l'ensemble des collaborateurs (il y aurait beaucoup à dire également sur ce terme) ou des assistants. La veille technologique doit bénéficier à tous. Elle ne sera néanmoins viable sur la durée que si elle bénéficie à l'intérêt général et donc à nos clients. Nous ne sommes légitimes que par notre utilité générale.

Comment s'adapter me diriez-vous ? Comment faire à partir du métier d'origine ?

Ici, les travaux du MIT de Davenport avec l'aide de Julia Kirby peuvent nous aider. La question qui peut être posée est celle précisément de savoir comment pourrions-nous nous adapter à l'apparition de machines intelligentes (Davenport et Kirby, 2016). Les auteurs vont développer la thèse de l'augmentation. C'est l'idée de synergies entre les hommes et « les machines ». Ici « l'augmentation » consiste à avancer qu'une machine de plus va évidemment permettre de démultiplier la productivité et ne pas se substituer totalement à l'humain, dans certains cas de figure, notamment dans le cadre de l'automatisation des procédés de production des fonctions support.

Comment alors adapter l'ensemble des salariés à l'apparition de ces nouvelles technologies ?

Le sujet est complexe et à étudier au cas par cas, mais si l'on devait absolument résumer le message de Davenport et Kirby, les mots suivants me viendraient à l'esprit : premièrement par une nouvelle aptitude personnelle.

Ainsi, l'expert-comptable est face à un monde ouvert dans lequel il faut concilier et même réconcilier des antagonismes, c'est le triptyque des oppositions : spécialisation ou diversification dans un monde multi-dimensionnel, pédagogie dans l'expertise, pragmatisme dans le cognitif... ces aptitudes sont particulièrement prégnantes dans les métiers du chiffre qui utilisent l'écosystème du data analytics qui regroupe un ensemble d'outils et de techniques permettant de découvrir à partir des données, des patterns significatifs, de les interpréter et de les communiquer (souvent au moyen de la dataviz).

Car il faut savoir comprendre ce monde constitué de plus en plus de scores et signaux. C'est d'ailleurs ce que j'appellerais l'Ère des scores et signaux !

Compétences de l'expert-comptable et veille sur les technologies