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Epreuves du DEC : les conseils du jury

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Catégorie : Les études de la filière d'expertise comptable
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Les conseils de Martial Chadefaux pour les épreuves du DEC

« Dans une perspective de compensation des notes, les points d'avance en déontologie sont souvent les bienvenus. »

«  La vraie difficulté qui apparaît réside dans la situation de candidats qui ont 10 au mémoire, 10 ou 11 en déontologie, et qui doivent obligatoirement avoir la moyenne ou presque à l'épreuve écrite n°2 pour être diplômés. »

Les candidats au diplôme d'expertise comptable se demandent souvent comment se préparer aux épreuves, comment répondre aux questions posées. Ils se demandent aussi parfois quelle est la meilleure stratégie à adopter pour obtenir des points d'avance et réussir.

Découvrez les conseils de Martial Chadefaux, président du jury national du DEC, en neuf questions/réponses.

 

Présentation

Depuis 2010, Martial Chadefaux est président du jury national du DEC - diplôme d'expertise comptable (vide-président depuis 2000).

Il est professeur à l'université de Bourgogne (Dijon).

Nous remercions vivement Monsieur Chadefaux pour sa disponibilité lors de notre interview.

 

Interview



La note du jury aux candidats a été modifiée en juin 2016.
Quelles sont généralement les raisons qui poussent le jury à apporter des modifications ?
Un candidat qui ne respecte pas la nouvelle note du jury mais l'ancienne (lors de sa seconde soutenance par exemple) sera-t-il sanctionné ?

En règle générale, la modification de la note du jury aux candidats résulte soit de précisions qu'il apparaît nécessaire de donner aux candidats, en particulier en cas d'évolution de textes réglementaires régissant les examens comptables, soit de remontées des commissions d'examen pour les soutenances de mémoire ou des correcteurs pour les épreuves écrites.

Précisément, en juin 2016, nous avons constaté qu'à force d'ajouts ou de compléments, il était préférable pour préserver la lisibilité du document de procéder à un toilettage général.

Quant au candidat qui ne respecte pas la note du jury, potentiellement il est effectivement sanctionnable. La diffusion de la note est très large et apparaît  systématiquement sur le site du SIEC, le site de l'Ordre et d'autres supports.

En outre, il peut être déstabilisant de s'entendre dire par exemple en soutenance de mémoire que celui-ci ne respecte pas les prescriptions qui figurent dans la note du jury...

Quant au mémoire présenté pour la seconde fois, l'idée est que ce mémoire doit par définition être modifié et donc nécessairement mis en conformité avec les règles applicables lors de la session à laquelle le mémoire sera à nouveau présenté...

 

Comment sont élaborés les sujets ?
En fonction de l'actualité ?
Le candidat doit-il tenir compte de toutes les nouveautés législatives et réglementaires en cours (comme le guide d'application relatif aux services autres que la certification des comptes publié fin juillet et le futur code de déontologie prévu à l'automne) ?

Les sujets de l'épreuve de déontologie sont élaborés par les institutions professionnelles elles-mêmes.

Quant à l'épreuve n°2, le sujet est élaboré par un groupe composé essentiellement de professionnels et également de quelques enseignants.

Les concepteurs ont en tête la problématique de l'actualité. Les questions ne portent pas sur des dispositifs qui sont simplement en cours d'adoption ou par exemple dont les textes d'application ne sont pas publiés. Nous vérifions de manière systématique que les réponses aux questions posées apparaissent dans la documentation professionnelle que le candidat est susceptible d'avoir avec lui le jour de l'examen.

Les dispositions trop récentes, non intégrées dans la documentation usuelle, ne font pas l'objet de questions.

 

L'épreuve de déontologie de mai 2016 était une épreuve de Questions à Réponses Courtes.
Existe-t-il une méthodologie pour répondre efficacement à ce type d'épreuves ?
Quelles sont les attentes du jury ?

L'épreuve de déontologie est une épreuve parfois un peu négligée car le coefficient est perçu comme faible dans le total du diplôme (1 sur 8). C'est une erreur à double titre.

D'une part, il est essentiel dans la vie du professionnel de maîtriser la déontologie dans sa pratique professionnelle quotidienne.
D'autre part, dans le cadre du diplôme d'expertise comptable, quelques points d'avance en déontologie peuvent permettre d'abaisser le niveau relatif d'exigence sur l'épreuve n°2 qui est plus difficile et en règle générale moins bien réussie.

Dans une perspective de compensation des notes, les points d'avance en déontologie sont souvent les bienvenus. Pour répondre plus directement à la question, le piège sur cette épreuve, c'est le temps ! Une heure c'est très court, et 20 questions en une heure, cela suppose de ne passer que trois minutes maximum par question...

Et donc, la réponse doit aller à l'essentiel : parfois un mot, une phrase ou quelques tirets dans une énumération. Il ne faut surtout pas essayer de montrer que vous savez tout sur ce point de déontologie et de partir dans des développements sur plusieurs paragraphes. En procédant ainsi, vous serez sur(e) de ne pas parvenir au bout des 20 questions.

Rien de tel donc que de s'entraîner sur les annales, en jouant le jeu et en se plaçant dans les conditions de l'examen !

 

L'épreuve de révision fait souvent peur aux candidats.
Comment se préparer à cette épreuve ?
Comment utiliser au mieux sa documentation ?
Et comment répondre aux questions de manière efficace ?
Quelles sont les attentes du jury pour cette épreuve ?

Là encore, un certain nombre de candidats partent du principe que l'épreuve étant un cas pratique, il n'y a pas de préparation spécifique.

C'est une erreur. Au contraire, l'épreuve se prépare.

La préparation comporte deux volets : le premier volet concerne la documentation.
Il faut non seulement déterminer la documentation que l'on emmène le jour de l'examen mais il faut surtout l'explorer, c'est-à-dire travailler les sommaires et les tables des matières pour savoir ce que l'on peut trouver (ou ne pas trouver) dans l'ouvrage que l'on décide de prendre. Si on a une bonne connaissance des sommaires, cela va plus vite pour utiliser la documentation le jour de l'épreuve.
Pour conforter ce travail, il est conseillé de lire les sujets des années antérieures et de lister les thèmes qui sont abordés sur plusieurs sessions. Cela aidera également à définir le périmètre de la documentation à emporter avec soi.

Le second volet consiste à s'entraîner en temps réel sur deux ou trois sujets pour voir ce que l'on est capable de faire en temps réel...

Quant aux réponses aux questions, on remarque une tendance des candidats à se contenter parfois de recopier purement et simplement ce qui, selon eux, se rapporte au thème de la question posée mais sans vraiment savoir si tout ce qu'ils mettent correspond au cas précis évoqué dans le sujet et sans véritable raisonnement.

Dans une question, il faut montrer que l'on a compris la situation décrite, que l'on a identifié le problème posé et ensuite décrire le raisonnement permettant de déboucher sur une solution.

 

Certains candidats échouent à la seconde, voire même à la troisième soutenance de mémoire.
Quelles en sont généralement les raisons ?
Que doit faire un candidat qui se présente à une seconde ou une troisième soutenance ?

Les raisons de l'échec en deuxième soutenance, voire en troisième soutenance, tiennent souvent au fait que le candidat a peu ou pas pris en compte les remarques formulées lors de la première soutenance, tant sur la forme que sur le fond.

Si le candidat « ne joue pas le jeu », il n'y a pas de raison que la décision finale diffère.

Signalons aussi que quelques candidats, notamment pour des deuxièmes soutenances, tentent en réalité leur chance avec quasiment le même mémoire que la première fois mais avec une commission d'examen nouvelle, en espérant que cela passe ainsi.. Mais en règle générale, cela ne passe pas.

Quant aux troisièmes soutenances, cela suppose un effort important de la part du candidat. Malheureusement, certains candidats arrivent pour ce troisième passage sans même avoir corrigé les fautes d'orthographe du mémoire ou sans avoir actualisé la bibliographie...

Un candidat qui présente à nouveau son mémoire doit donc l'avoir retravaillé sur la forme et sur le fond en fonction des remarques formulées à l'issue de la première soutenance. Rappelons par ailleurs que ces modifications doivent être recensées en début de mémoire.

 

Comment le candidat doit-il se préparer à la soutenance ?
Faut-il se tenir au courant de l'actualité du sujet ?
Doit-on mettre à jour son mémoire et sa bibliographie par un erratum si nécessaire ?
Préparer une présentation PowerPoint ?

Il n'y a pas de règle impérative quant au mode de présentation du mémoire en soutenance.

Une chose est sûre cependant : une soutenance se prépare et la soutenance fait partie intégrante de l'évaluation de l'épreuve ; elle peut, le cas échéant, tout faire basculer, dans un sens comme dans l'autre.

Il faut partir du principe que lorsque l'on a travaillé plusieurs mois sur un sujet, on doit être capable d'en parler et d'en faire par exemple une présentation sans notes de quelques minutes à l'oral. Quoi de plus navrant que de voir des candidats lire de A jusqu'à Z deux feuilles intégralement rédigées...

Cette présentation orale doit également être l'occasion, si le sujet s'y prête bien sûr, d'évoquer l'actualité du sujet, les évolutions récentes,...

Quant au Powerpoint, rien d'obligatoire compte tenu de la configuration matérielle des soutenances, mais cela reste possible sur un ordinateur portable ou une tablette.

 

Comment le candidat doit-il structurer sa présentation lors de la soutenance ?
Quels sont les points essentiels qui doivent être abordés ?
Existe-t-il des écueils à éviter ?

Ce sont les commissions d'examen qui déterminent la manière dont se déroule la soutenance.

Le schéma usuel consiste à demander au candidat de présenter son mémoire pendant quelques minutes avant un échange de questions avec les examinateurs.

Lors de la présentation orale, il faut revenir sur l'intérêt du sujet, sur l'apport du mémoire, sur le bien-fondé par exemple de la méthodologie retenue, sur les difficultés rencontrées, sur les évolutions intervenues éventuellement depuis le dépôt du mémoire sur le sujet.

La présentation peut aussi être l'occasion de corriger certaines erreurs ou certaines coquilles décelées lors de la relecture du mémoire. Pour les coquilles, on peut remettre un errata aux examinateurs.

 

Que peut-on conseiller à un candidat qui n'a pas ou très peu de points d'avance ?
Repasser l'une ou l'autre épreuve ?
Si oui laquelle ?

En réalité, sur cette question, la vraie difficulté qui apparaît réside dans la situation de candidats qui ont 10 au mémoire, 10 ou 11 en déontologie et qui doivent obligatoirement avoir la moyenne ou presque à l'épreuve écrite n°2 pour être diplômés. Sachant que la moyenne à cette épreuve est faible et en règle générale en deçà de la moyenne, on voit bien le problème.

Quels enseignements faut-il en tirer ?

En premier lieu que pour l'épreuve du mémoire, il ne faut pas viser 10 mais plutôt 12 ou 13 voire plus pour se ménager une marge confortable de compensation avec les épreuves écrites.

En second lieu, qu'une note moyenne en déontologie ne présente pas d'intérêt en termes de compensation et donc d'obtention du diplôme. Il faut chercher à capitaliser des points d'avance sur cette épreuve.

Enfin, en dernier lieu, il faut savoir que si on souhaite repasser une épreuve, cette décision met un terme au report de la note obtenue antérieurement à cette épreuve.

Si on veut renoncer à un 10 au mémoire par exemple, c'est possible mais la renonciation est définitive...


Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Directrice de la rédaction sur Compta Online


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