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Epreuves du DSCG : les conseils du jury

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Catégorie : Les études de la filière d'expertise comptable
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DSCG : rôle du jury et conseils pour le Jour J

Le jury du DSCG constate chaque année, que les candidats ne sont pas suffisamment bien préparés.

Retrouvez les attentes et conseils de la présidente du jury du DSCG.

Le DSCG est réputé pour être un diplôme difficile aux yeux des candidats. Nombre d'entre eux le tentent en candidats libres, à l'aide d'ouvrages, sans prendre de cours.

Cette proportion importante de candidats libres, fait chuter le taux de réussite, qui ne dépasse guère les 30% aux épreuves écrites (taux moyen).

Chaque année, des candidats se plaignent d'épreuves trop longues et trop difficiles alors que les sujets sont considérés, par les correcteurs, comme conformes aux programmes. Elles sont aussi dans les exigences d'un diplôme de niveau master.

 

Présentation

Evelyne Lande

Evelyne Lande est professeur des universités en sciences de gestion spécialisée en comptabilité publique.

Elle a exercé pendant plusieurs années dans des cabinets comptables et est diplômée d'expertise-comptable.

Evelyne Lande est également directeur de l'IAE de Poitiers, depuis 2007 (second mandat).

 

Interview

 

Vous êtes la présidente du jury du DSCG.
Quel est le rôle du jury ?

Le jury national examine en commission de choix de sujet les sujets, des épreuves ponctuelles. Il peut, à cette occasion, les amender et bien souvent les simplifier, par rapport aux propositions reçues, il élabore le barème des épreuves ponctuelles.

Le jury national examine également les décisions des jurys locaux de VAE et les résultats obtenus aux épreuves ponctuelles du DSCG.

En effet, il est possible d'obtenir le DSCG selon deux modalités (qui peuvent être combinées entre elles mais sur des sessions différentes) :

  • la Validation des Acquis de l'Expérience ou VAE qui permet de demander une ou plusieurs UE du DSCG en faisant valoir les compétences obtenues par des expériences professionnelles ;
  • le passage des épreuves ponctuelles du DSCG.

 

Le jury se réunit chaque année, un peu avant la publication des résultats.
Quel est le but de cette réunion ?
Peut-il remonter la moyenne d'un candidat ? Si oui, dans quel(s) cas ?

Le jury se réunit afin :

  • de délibérer sur les dossiers de VAE.
    Tous les dossiers sont réexaminés par le jury national (c'est un travail conséquent, car rien que pour la session 2015, 175 dossiers de demandes de VAE ont été déposés).

    L'objet de ce réexamen, est de faire en sorte que les décisions des jurys locaux, répondent à des critères uniformes au niveau national et permet a posteriori de retravailler avec les jurys locaux (au niveau académique ou inter-académique), sur les critères pris en compte par le jury national, pour valider une UE par la voie de la VAE.

    Le rapport du jury comporte aussi une dernière partie à l'attention des candidats et qui rappelle ces critères. Cet examen collégial par le jury national constitue un travail très lourd mais essentiel ;

  • de délibérer sur les cas de fraudes lors des épreuves ponctuelles (utilisation du portable, montre connectée, plan comptable annoté, plagiat de mémoires...) ou en VAE (nous avons eu une année un dossier de VAE plagié avec des expériences professionnelles fictives) ;

  • de délibérer sur les épreuves ponctuelles.
    A ce propos, il faut savoir que le jury national examine chaque UE indépendamment des autres, ainsi, nous n'examinons pas les moyennes obtenues par les candidats.

    Ce mode de fonctionnement est souvent difficile à comprendre de la part des candidats habitués à ce que les jurys de diplômes examinent la moyenne des étudiants et décident s'il est envisageable d'attribuer des points de jury pour que le candidat puisse être diplômé.

    Pour le DSCG cela n'est tout simplement pas possible, car les candidats passent parfois les épreuves sur plusieurs sessions et certains candidats peuvent faire valoir des dispenses pour certaines UE, voire certains candidats ont pu valider par la VAE une partie de leur DSCG et passent à la session suivante les épreuves ponctuelles manquantes.

    Le jury national n'a donc pas une moyenne par candidat et ne peut pas délibérer sur cette base. En conséquence, le jury national travaille sur chaque UE.

    Dans ce cadre, les représentants de chaque académie présentent les remarques faites par les correcteurs (pour chacune des UE).

    Le jury national délibère ensuite pour savoir si il accorde des points de jury à l'UE principalement pour tenir compte de la difficulté du sujet.

 

Selon vous, qu'est-ce qui explique le faible taux de réussite aux épreuves, qui peut être inférieur à 20% ?

Ce ne peut pas être un effet de surprise par rapport au sujet : ils sont d'une année sur l'autre d'une grande régularité dans la forme et le contenu !

Le programme est lui aussi le même depuis 2008. Donc si le programme ne change pas et que les épreuves sont toujours sur le même format, le seul constat que font les correcteurs est un défaut de préparation des candidats.

Ceux qui ont travaillé le programme, ont fait des exercices réussissent, il n'y a aucune place à la chance ou au miracle, c'est juste une question de travail, pour atteindre un niveau d'exigence certes élevé mais qui donne derrière un diplôme de grade de master.

 

De nombreux candidats trouvent les sujets trop longs, impossibles à terminer dans le temps imparti.
Est-ce un problème de méthodologie de leur part ?

Certains sujets sont longs ou tout au moins jugés comme longs par les candidats qui maîtrisent approximativement une matière et passent donc beaucoup de temps pour traiter des points simples.

Cette connaissance approximative associée à une lecture erronée des sujets amène aussi certains candidats à traiter de points non demandés.

Par exemple, si une question dit « en vous référant à l'annexe 1 répondez à la question suivante... » il n'est pas utile d'utiliser alors les informations de l'annexe 2.

Les sujets comportant beaucoup de documents annexes (par exemple pour l'UE3) mettent souvent en difficulté les candidats qui ne savent pas avoir une vue synthétique des documents et les mobiliser à bon escient au cours de leur démonstration. Dans ce cas, c'est plus une problématique de méthodologie.

Donc en synthèse un sujet peut être perçu comme long car les connaissances associées ne sont pas maîtrisées ou parce que le candidat ne sais pas mobiliser des compétences méthodologiques d'analyse et de synthèse.

Comment y remédier ?

Ma réponse va paraître triviale :

  • Apprendre le cours ;
  • Faire des exercices d'application ;
  • Se mettre en situation d'examen et faire les sujets des années antérieures.

Pour rappel, le barème des sujets est fonction du temps nécessaire pour réaliser la question. Ainsi, lorsque le candidat découvre le sujet, il doit immédiatement calibrer le temps maximal qu'il doit consacrer à chaque partie, il doit ensuite commencer par les parties qu'il maîtrise le mieux afin éventuellement de gagner du temps qu'il pourra utiliser pour les autres parties.

Enfin, lorsque l'on se présente à un examen de 3h, on arrive à l'heure et on reste les 3h. Certains candidats se plaignent de la difficulté des épreuves mais les copies montrent que moins de la moitié des candidats ont préparé l'épreuve, beaucoup s'inscrivent « pour voir » ou parce que leur cabinet les a inscrits.

 

Ces mêmes candidats se demandent souvent comment structurer leurs réponses.
Quelles sont les attentes du jury en la matière ?

La réponse dépend de l'UE concernée.

Pour l'UE1, il faut énoncer le principe, puis l'appliquer au contexte et répondre clairement à la question posée (la réponse ne peut pas être ambiguë).

Pour l'UE2, certaines questions sont des questions de cours, d'autres des applications chiffrées qui demandent de justifier les données utilisées (détail des calculs) et il y a toujours un sujet de réflexion (courte dissertation).

Pour les UE3 et 5, il s'agit de questions ouvertes la plupart du temps demandant au candidat d'illustrer des concepts de base à l'aide des exemples présents dans le cas.

Un corrigé type est fourni pour cette épreuve mais il est demandé aussi au correcteur d'examiner les solutions plausibles et argumentées d'un candidat qui ne serait pas en parfaite conformité avec le corrigé type.

Pour l'UE4, il faut systématiquement expliciter le détail des calculs, ne serait-ce que pour faire en sorte de pouvoir identifier une erreur de calcul (sanctionnée de manière moindre qu'une erreur de raisonnement) et de pouvoir suivre l'impact de cette erreur sur les questions suivantes.

En ce qui concerne les épreuves orales, il faut que le candidat arrive à exprimer et argumenter clairement son idée et s'il est relancé par le jury sur un point, il faut y répondre et ne pas éluder la question.

 

L'épreuve de relations professionnelles est une épreuve redoutée.
Quels sont les éléments importants pour réussir cette épreuve ?

En tout premier lieu il faut que le candidat présente un mémoire et non un rapport de stage. Ce sont deux notions très différentes, mais qui semblent encore largement confondues.

Un rapport relate une expérience professionnelle.

Dans un mémoire, le candidat doit se saisir d'une thématique vue en stage, la problématiser (c'est-à-dire identifier une problématique de gestion), proposer une méthodologie adaptée pour y répondre (par exemple, analyse statistiques, questionnaires ouverts ou fermés ou interview, observation participante...), présenter les résultats obtenus et faire un retour d'expérience.

Ensuite, le candidat se doit de présenter de manière succincte et avec des supports de communication adaptés (cela peut être un power point, une impression papier de quelques schémas...) son mémoire, en revenant sur les points clés du mémoire.

Enfin, le candidat doit avoir préparé son oral : aussi bien la partie présentation que la partie question. Il doit donc avoir relu son mémoire avant la soutenance (parfois le mémoire a été écrit plusieurs mois à l'avance et certains candidats ne se souviennent plus de ce qu'ils ont écrit) et avoir pris connaissance du programme de l'UE7 pour pouvoir répondre à des questions portant sur ce programme.

 

On entend souvent parler des titulaires d'un DSCG incomplet. Ils ont commencé leur stage d'expertise comptable avec 4UE du DSCG minimum et ont parfois effectué les deux premières années sans le DSCG.
Ils risquent une annulation de leur stage au bout de trois années de suspension de stage. Des solutions sont-elles envisagées ?

Certains conseils régionaux, ont décidé de n'inscrire en stage, que des personnes titulaires du DSCG complets. Pour ceux qui étaient déjà inscrits en stages, des formations leur ont été proposées mais beaucoup d'entre elles se sont arrêtées, parce que les personnes en cabinet de prenaient pas le temps d'y aller.

La recommandation que nous faisons est de retarder, en négociation avec le cabinet, le début du contrat de travail, après les épreuves du DSCG. Cela laisse le temps aux candidats qui viennent d'être diplômés d'un master, que ce soit à l'université, dans une école de commerce ou d'ingénieur, ou qui viennent de finir leur préparation au DSCG, de travailler sereinement les épreuves. Vouloir gérer en parallèle, une première embauche et la préparation des épreuves, est souvent très difficile.

Pour ceux qui sont déjà embauchés, nous conseillons de prendre des congés avant les épreuves et de se remettre en condition d'examen. Cela n'a rien à voir avec les habitudes de travail que l'on peut avoir en entreprise ou en cabinet et il faut s'y habituer, retrouver les automatismes, réapprendre parfois certaines notions qui au fil du temps sont devenues plus floues.


Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online



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