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L'intelligence artificielle est-elle l'avenir des experts-comptables ?

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Catégorie : Actualité des métiers du chiffre
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Impacts sur les comptables : l'IA devant la blockchain et la cybersécurité

L'Intelligence Artificielle - ou IA - tend à investir de plus en plus notre quotidien, tels que les scientifiques et même les films d'Hollywood le prédisaient durant ces dernières années.

Mais au final, qu'est ce que l'Intelligence Artificielle ? Et quel est le lien avec la comptabilité, pourquoi vous en parler aujourd'hui sur Compta Online ?

L'Intelligence Artificielle est une science permettant d'utiliser de manière intelligente les machines et leurs capacités pour accompagner l'Homme et le remplacer sur certaines missions, notamment dans les tâches répétitives de son quotidien et dont il pourrait facilement se passer pour se concentrer sur des missions plus intéressantes, que ce soit au travail ou dans sa vie privée. En automatisant certaines tâches et processus, les machines pourraient devenir de précieux alliés et il est important de comprendre comment cette transition pourrait s'opérer et comment elle pourrait révolutionner le secteur des métiers du Chiffre et de la comptabilité notamment.

Ainsi, Blackline a publié en novembre 2017 une étude, réalisée avec l'aide de Censuswide, pour amorcer l'arrivée de l'Intelligence Artificielle dans les secteurs financiers et comptables et recueillir l'avis de ceux qui y travaillent, notamment directeurs financiers, responsables financiers et comptables. 900 professionnels ont été sondés dans le monde entier et ont permis à Blackline, leader mondial des solutions d'automatisation et d'optimisation du contrôle financier basées sur un modèle de “Continous Accounting”, de recouper les informations et d'en déduire certaines vérités intéressantes sur le point de vue de ces professionnels.

 

Pourquoi se préparer à l'arrivée de l'IA dans les secteurs financiers et comptables ?

Pour Frédéric Huby, Directeur Général de Blackline en France “Il est important pour les entreprises de se préparer [à l'intelligence artificielle] car elle fait indéniablement partie de notre avenir”. Plutôt que de subir son arrivée, il est donc important de se préparer pour prédire au mieux les changements qui s'annoncent.

Selon lui et l'équipe de Blackline, l'Intelligence Artificielle joue déjà un rôle important dans la fonction financière bien qu'elle ne soit qu'à l'aube de la révolution qu'elle annonce. Certains, dans le secteur financier ou de manière plus globale, sont inquiets des possibilités entrevues par cette nouvelle technologie alors qu'en anticipant les modifications engendrées, il est (encore) possible de l'utiliser à bon escient et pour le bien des salariés et de l'entreprise.

32% des départements financiers ont déjà recours à l'Intelligence Artificielle sous une forme ou une autre (automatisation, amélioration du recrutement des talents, mise à jour des reporting...). Et cela devrait augmenter dans les prochains mois et années ! En effet, à l'échelle mondiale, ce ne sont pas moins de 88% des directeurs financiers qui sont persuadés que l'IA occupera une place prépondérante dans le monde lors des dix prochaines années. Ce chiffre est semblable au niveau de l'hexagone, car 84% des directeurs sondés partagent cet avis en France.

Attention toutefois à ne pas prendre ces chiffres pour des généralités car une nette fracture existe parmi les entreprises internationales n'ayant pas encore recours à l'Intelligence Artificielle. En effet, 20% des Britanniques, 18% des Américains, 10% des Allemands et 6% des Français sondés n'envisagent pas d'utiliser l'IA l'année prochaine. Les deux derniers pays, au centre des transformations stratégiques européennes, semblent toutefois plus optimistes que les pays anglophones quant à l'évolution de ces technologies et à leur utilité dans un avenir proche.

Les utiliser ou non est une question intéressante, mais au final, dans quel but ? Comment l'Intelligence Artificielle pourrait-elle simplifier et aider les métiers de la comptabilité au quotidien ?

 

A quoi servirait l'Intelligence Artificielle pour les professions comptables et financières ?

Bien que la grande majorité des pays est d'accord pour s'accorder et affirmer que l'Intelligence Artificielle permettra de réaliser des tâches financières et comptables chronophages et ainsi de faire gagner du temps aux professionnels, tous ne se rejoignent pas concernant les missions d'ampleur plus stratégique.

46% des sondés en France pensent que l'IA aura suffisamment évolué d'ici dix ans pour permettre de prendre des décisions stratégiques, alors que la moyenne mondiale atteint difficilement les 32%. En comparaison, les Allemands sont 35% à le penser, contre 31% des Britanniques et seulement 24% des Américains qui paraissent à nouveau les plus pessimistes quant à l'utilisation de l'Intelligence Artificielle dans le milieu comptable et financier. La France relève à nouveau la moyenne et semble enthousiaste à l'idée des évolutions possibles de l'IA. Selon nous, ces différences peuvent également s'expliquer par le fait que les Américains utilisent d'ores et déjà l'IA de manière plus approfondie et découvrent peut être peu à peu les limites de cet outil révolutionnaire.

Toutefois, les différences ne sont pas à observer seulement entre les pays mais également entre les professions. En effet, le poste du répondant joue un rôle important dans son opinion. Les directeurs financiers sont de loin les plus confiants et optimistes. 42% d'entre eux estiment que l'IA sera la technologie la plus déterminante et impactante dans le domaine financier au cours des cinq prochaines années, devant la blockchain, la cybersécurité et l'analyse de données - domaines pourtant primordiaux pour la préservation des données personnelles et la simplification des transactions en ligne.

Les comptables ne sont que 23% à partager cet avis et les responsables financiers, 19%, ces derniers étant aux premières loges si un problème survient et prenant donc peut-être davantage de précautions quant à leurs réponses.

 

Qui serait responsable d'une mauvaise implantation de l'Intelligence Artificielle et de conséquences néfastes pour l'entreprise ?

Malgré le vif enthousiasme de la part des directeurs financiers comme nous avons pu le voir, il est important de souligner qu'ils ne sont bien entendu pas naïfs pour autant et qu'ils sont 43% à percevoir l'impact négatif que l'Intelligence Artificielle pourrait avoir sur leur travail et leur équipe si cette dernière était utilisée à mauvais escient. En effet, ces derniers, au même titre que les responsables financiers, ont conscience qu'ils pourraient être tenus pour responsables en cas de non-conformité à certaines réglementations, de pénalités financières ou de la chute de la valeur boursière résultant d'une décision prise par une Intelligence Artificielle. Le risque est de laisser trop de libertés à une IA et ainsi de ne plus contrôler les conséquences engendrées.

Parmi les sondés, le sujet de la responsabilité inquiète et ils sont 23% à penser qu'elle incombera principalement au directeur financier, 19% au directeur général et 14% au développeur de logiciels d'Intelligence Artificielle.

Frédéric Huby analyse en effet l'impact de l'IA différemment selon les métiers financiers et comptables : « Bien qu'elle puisse considérablement améliorer l'efficacité des tâches quotidiennes des équipes et leur permettre de se concentrer sur d'autres activités, l'IA risque d'ajouter une nouvelle responsabilité ainsi qu'un niveau de complexité supplémentaire au rôle des directeurs financiers ».

Atout ou désavantage ? Comment évoluera l'Intelligence Artificielle et comment sera-t-elle perçue dans les mois et années à venir ? Nous ne connaissons pas encore la réponse mais une chose est sûre : il sera important d'amorcer l'arrivée de cette nouvelle technologie au mieux et d'informer employés et clients pour éviter toute panique et mauvaise compréhension de son utilité. Bien utilisée, l'IA pourra sûrement s'avérer positive et utile !


Sarah Gillot

Sarah Gillot est Chef de Projet Online Marketing pour Makerist - start-up à Berlin - afin de développer le marché français.


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