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Interview de Julien, diplômé au DEC à 26 ans

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Catégorie : Les études de la filière d'expertise comptable
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Publié le
Modifié le 26/07/2018

Suite aux résultats du DEC de la session de novembre 2014, nous avons interviewé Julien, membre de Compta Online mais aussi et surtout diplômé au DEC à 26 ans avec une note de 18/20 au mémoire.

Julien s'est prêté bien volontiers au jeu des questions / réponses et nous l'en remercions vivement.

Julien a eu aussi la bonne initiative de partager son mémoire que vous retrouverez en bas de l'interview.
Si vous souhaitez échanger avec Julien, ne serait ce pour le remercier !, vous pouvez le contacter sur l'adresse jpetit@gfe06.com.

Nous espérons que cet article pourra motiver les futurs candidats voire même susciter des vocations.

 

Présentation

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Julien PETIT est diplômé d'expertise comptable et il a 26 ans.
Il est responsable d'un portefeuille de dossiers au sein du cabinet Gestion France Entreprises, à Nice, grand cabinet indépendant de la Côte d'Azur.

 

Cursus scolaire jusqu'au DEC

Après un bac scientifique, j'ai suivi le parcours dit « classique » de l'expertise comptable. J'ai obtenu un DUT GEA option FC en 2007, puis un Master Comptabilité, Contrôle, Audit (CCA) en juin 2010. Dans la foulée, j'ai obtenu le DSCG en octobre 2010.

J'ai ensuite débuté le stage le 01/01/2011 qui s'est terminé le 31/12/2013. J'ai (enfin) obtenu le DEC lors de la session de novembre 2014.

 

Interview



Vous avez obtenu votre diplôme à la session précédente ?
Après combien de tentatives ?

J'ai terminé mon stage le 31/12/2013. Mon mémoire n'était pas encore rédigé pour la session de mai 2014 mais j'ai tout de même souhaité passer les écrits lors de cette session. Au départ, c'était davantage « pour voir » car la période fiscale est peu propice à la préparation d'un tel diplôme mais j'espérais tout de même obtenir au moins une épreuve.
Résultats : 9.75 à la déontologie et 9.80 à la révision... Rageant !

Mais cela m'aura permis de « dédiaboliser » le DEC et d'y aller beaucoup plus sereinement à la session suivante !

 

Tout au long de la préparation de vos examens, quelle a été votre motivation ?
Qu'est ce que la communauté de Compta Online a pu vous apporter ?

Il est vrai que la préparation du DEC est un cursus long et parfois pénible car il s'ajoute à une vie professionnelle (et parfois personnelle) très chargée.

Je pense qu'après avoir obtenu le DSCG, qui est la « porte d'entrée » de l'expertise comptable, il est véritablement dommage de ne pas fournir les derniers efforts qui nous permettent d'obtenir ce précieux sésame. Pour cela, j'ai toujours entretenu des relations avec les stagiaires : amis de longue date, collègues ou le forum de Compta Online qui nous permet de nous rendre compte que nous ne sommes pas seuls dans cette « galère ». Je pense que s'isoler et s'enfermer dans la préparation du diplôme n'est jamais bénéfique.

Les mots de la famille qui, sans comprendre exactement pourquoi on se donne tant de mal, sont aussi  toujours réconfortants !

 

Quelle a été votre charge de travail pour les écrits ?
Et pour le mémoire ?

Je pensais au départ que la préparation de l'épreuve de révision serait rapide puisque toute la documentation est autorisée. En lisant les premières annales, je me suis vite rendu compte du contraire. C'est une épreuve difficile qui demande une lecture de documentation approfondie et une préparation minutieuse. La documentation n'est pas toujours celle qu'on croit et cette épreuve permet d'ouvrir des ouvrages jamais rencontrés auparavant ! Je dirais qu'il m'a fallu une centaine d'heures de travail pour me sentir prêt le jour de l'épreuve.

L'épreuve de déontologie m'a, quant à elle, demandé un peu moins de travail. Je me suis limité à la lecture de l'ouvrage carré DEC et à quelques supports proposés par l'Ordre des Experts-comptables et la CNCC.

Pour le mémoire, j'espère ne pas décourager les lecteurs en leur disant que le travail est très important mais réparti sur une durée longue puisque s'écoulent un an, un an et demi, voire deux ans entre l'arrêt du choix du sujet et l'impression du mémoire. Je pense y avoir consacré entre 400 et 500 heures de travail.

 

Quel est votre sujet de mémoire, comment l'avez-vous trouvé ?
Seul ? Avec de l'aide ?

Mon mémoire s'intitule : « Les experts-comptables face au phénomène de désertification médicale : proposition d'un guide d'aide à l'accompagnement du médecin dans les zones sous-médicalisées ».

Le choix du sujet a été très long. J'ai répertorié l'ensemble des dossiers traités en cabinet ou ceux dont j'avais simplement entendus parler. Naturellement, mon choix s'est porté vers le domaine médical.

La difficulté a été ensuite de pouvoir « apporter quelque chose à la profession », phrase bien connue des stagiaires ! Pour cela, j'ai suivi la formation de l'école ENOES à Paris, dispensée par M. Pinero Vargas, que je ne remercierai jamais assez pour les conseils et la qualité de ses interventions.  Je lui avais présenté un plan dans lequel figurait une sous-partie qui traitait un peu des déserts médicaux. En un clin d'½il, il m'a dit que mon sujet serait celui des déserts médicaux et rien d'autre ! Sans savoir exactement ce que j'allais y mettre, je me suis lancé dans mes recherches.

Cette formation m'a permis de comprendre que derrière chaque sujet, en apparence banale, se trouve un sous-sujet qui intéressera la profession.

 

Vous avez obtenu la note de 18 au mémoire, quel est votre secret ?

Si j'avais un secret, j'en aurais déjà fait une marque déposée !

Plus sérieusement, et très modestement, car je sais que le « facteur chance » dans ce genre d'épreuve est très important, la priorité, je pense, est de choisir un sujet qui nous plait. Cela peut paraître simple à dire, mais il est indispensable que les 400 ou 500 heures de travail passées soient un réel plaisir. Au-delà de la possibilité de devenir expert-comptable, j'ai vécu la rédaction du mémoire comme la formidable opportunité de devenir un spécialiste de mon sujet. Je restais persuadé, que toutes ces lectures, ces outils, me serviraient auprès de mes clients mais aussi le jour de la soutenance.

Un autre conseil serait de ne pas négliger la forme, voire d'y attacher une importance capitale ! Plusieurs formateurs m'avaient dit que le jury ne pourrait passer plus de 2 heures dans la lecture de mon mémoire. 2 heures, là où j'en ai passé 400... Dans ce cas, il fondera forcément en partie son opinion sur la forme du mémoire. J'ai donc choisi d'utiliser tous les outils à ma disposition et, bien sûr, autorisés par le jury et qui rendraient mon travail plus agréable à lire : pages A4, pages A3, , tableaux en couleurs, feuilles de travail, rédaction de 2 tomes si les annexes sont trop importantes, schémas décisionnels, etc.

Enfin, « l'intérêt du sujet » revient fréquemment sur les agréments de notice. Il fallait donc rendre son mémoire utile : en choisissant un sujet d'actualité par exemple ou en mobilisant nos clients. Pour cette raison, j'ai rédigé un article dans « Le quotidien du médecin » et suis intervenu au Congrès national des propharmaciens. Je suis parti d'un postulat simple : « ce qui est utile pour nos clients est forcément utile à la profession d'expert-comptable ». Le jour de la soutenance, j'étais ainsi intimement convaincu, que mon mémoire pourrait aider bon nombre d'experts-comptables.

 

Avez-vous rencontré des difficultés durant votre stage ? Si oui, lesquelles ?

Bien sûr, évidemment. Des moments de doute, de solitude, le sentiment de faire fausse route. Je pense que c'est tout à fait normal. Je n'ai trouvé qu'un seul remède face à ça : échanger. Parler de mon sujet à tout le monde, spécialistes ou non du sujet, experts-comptables, stagiaires, amis, famille. Chaque discussion nous apporte quelque chose.

 

Maintenant que vous êtes diplômé, quels sont vos projets ?

Mon premier projet est sans aucun doute de souffler, et de profiter enfin de mes weekends !

Je n'ai que 26 ans et, même diplômé, j'ai encore énormément de choses à apprendre. J'espère continuer à grandir dans mon cabinet qui me correspond bien, conseiller au mieux mes clients et faire honneur à la profession.

 

Que conseilleriez-vous aux candidats et futurs candidats ?

Il y a environ 19 000 experts-comptables en France sur 65 000 000 de Français. Etre diplômé pour moi, c'est intégrer une « profession d'élite », le jeu en vaut donc la chandelle.

Le DEC, et particulièrement l'épreuve du mémoire, peut servir de tremplin à l'expert-comptable, une fois diplômé.

En clair, ne lâchez rien !!! 

 

Vous pouvez télécharger le mémoire de Julien ci dessous.

Si vous souhaitez échanger avec Julien, ne serait ce pour le remercier !, vous pouvez le contacter sur l'adresse jpetit@gfe06.com.

image L'expert-comptable face au phénomène de désertification médicale - Tome 1 (3.04 mo)

image L'expert-comptable face au phénomène de désertification médicale - Tome 2 (15.23 mo)

 

Mise à jour octobre 2015

A télécharger également, l'article d'Alain Mikol paru dans le magazine la Revue Française de Comptabilité d'octobre 2015 sur le mémoire de Julien :

Interview de Julien, diplômé au DEC à 26 ans

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