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Interview de Nicolas Priest, co-président de la FCI

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Fédération des cabinets intermédiaires

Près d'un an et demi après sa création, la Fédération des cabinets intermédiaires vient de tenir son assemblée générale 2021. Nicolas Priest, son co-président, dresse un premier bilan de l'action de ce nouvel acteur du paysage professionnel.

Quel bilan faites-vous de l'activité de la FCI en 2021 ?

La Fédération des cabinets intermédiaires est désormais reconnue comme un acteur à part entière dans le paysage de la profession au sens large, expertise comptable et audit. Nous sommes reçus et écoutés par les pouvoirs publics, qu'il s'agisse du Trésor ou de la DGFiP par exemple. Notre positionnement est compris, et la plupart de nos interlocuteurs reconnaissent que la voix des « ETI comptables » n'était pas suffisamment représentée.

 

Vous annonciez une soixantaine d'adhérents au lancement de la FCI, en juillet 2020. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

A ce jour, nous comptons près d'une centaine d'adhérents. C'est donc une progression très significative en un peu plus d'un an, et nous en sommes particulièrement heureux. L'année 2022 devrait être celle de l'accélération en matière de recrutement : nous visons les 200 adhérents à la fin de l'année. 

 

Quelle est la nature des actions menées par la FCI en interne ? Peut-on parler de mutualisation de moyens ? 

Le principal objectif de la FCI est de porter la voix des cabinets de taille intermédiaire. Nous avons donc un rôle d'animation, pour mettre à contribution nos membres, solliciter leur opinion dans le cadre de sondages ou d'études internes, et formuler des propositions à soumettre à toutes les parties prenantes. C'est un travail que nous avons mené en commissariat aux comptes sur les conséquences de la loi PACTE par exemple, et que nous menons actuellement sur le thème de l'examen de conformité fiscale.

 

Quels seront les sujets de réflexion prioritaires pour la FCI en 2022 ?

Je citerai tout d'abord la généralisation de la facturation électronique, et plus généralement la transformation numérique des cabinets, avec ses conséquences en matière de maîtrise et de gestion de la donnée. C'est un sujet qui nous occupe beaucoup, et sur lequel nous sommes en lien étroit avec le Conseil supérieur de l'Ordre (CSOEC).

Il y a aussi l'examen de conformité fiscale, dont je parlais précédemment. Les consoeurs et confrères ne connaissent pas toujours les tenants et aboutissants de cette nouvelle mission, tandis que les organismes de gestion agréés se positionnent de plus en plus clairement. Il faut donc agir, et nous pensons que les experts-comptables ont toutes les cartes en main pour prendre ce marché. D'autant qu'ils réalisent déjà 50% des contrôles dans le cadre d'une mission de présentation des comptes. Pour être tout à fait précis, nous sommes en train de travailler pour essayer d'obtenir une dispense d'un certain nombre de points de contrôle, déjà validés lors de l'établissement des comptes annuels. 

Nous suivons aussi de très près les discussions autour de la prochaine réforme européenne de l'audit, et notamment tout ce qui pourrait remettre en cause le modèle français de commissariat aux comptes.

 

Les problématiques liées à la transformation numérique ne sont-elles pas les mêmes dans les cabinets de taille intermédiaire que dans le reste de la profession ? 

Il est vrai que la transformation numérique touche tous les cabinets, des plus petits aux firmes internationales, et la profession, collectivement doit s'y préparer. Pourtant, les cabinets de taille intermédiaire ont des problématiques spécifiques, particulièrement en matière de gestion des ressources humaines. Ces « ETI comptables » ont la chance de pouvoir constituer des pôles spécialisés ou de recruter des profils spécifiques, comme des data analysts, alors que les cabinets plus petits doivent souvent composer avec les ressources existantes, faute de budget. Mais nous n'avons pas non plus les moyens des Big, qui ont déjà amorcé ce mouvement il y a quelques années. L'idée n'est pas d'opposer les cabinets en fonction de leur taille, mais simplement de répondre aux besoins spécifiques de nos adhérents. 

 

Parvenez-vous à maintenir votre indépendance des instances et des syndicats professionnels ?

Notre positionnement a été très clair dès le départ : nous sommes apolitiques. La FCI n'a jamais été un syndicat professionnel. Nous nous voyons plutôt comme un partenaire de la profession, en tant qu'apporteur d'idées, d'aide à la réflexion. Notre rôle est tout simplement d'apporter un éclairage sur les sujets qui comptent pour nos membres.

Julien Catanese Aubier

Julien Catanese Aubier
Directeur éditorial de Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Diplômé d'expertise comptable, après 7 ans en tant que rédacteur en chef puis directeur de la rédaction Fiscalistes et experts-comptables chez LexisNexis, je rejoins l'équipe Compta Online en juin 2020.
Suivez moi sur Linkedin et sur Twitter.


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