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Le cabinet d'aujourd'hui : état des lieux et modifications proposées

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Catégorie : Actualité des métiers du chiffre
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Article écrit par Rocci Frédéric sur Twitter Rocci Frédéric sur Facebook Rocci Frédéric sur LinkedIn (191 articles)
Publié le
Modifié le 08/11/2016
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Propositions pour la mutation des cabinets

Transformation numérique, déréglementation, fin du monopole : faut-il sortir des tâches administratives et sans réelle valeur ajoutée pour permettre aux cabinets de rebondir ?

Trois visions différentes et trois manières de réagir à un constat unique : la baisse des marges des cabinets.

 

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Alors que notre environnement évolue de plus en plus vite et de plus en plus violemment, nos cabinets restent englués dans des problématiques administratives et déclaratives sans valeur ajoutée pour nos clients.

La première urgence consiste donc à redonner un peu d'air à nos confrères pour leur permettre de prendre le recul nécessaire afin de conduire la réflexion préalable à la mise en place d'une stratégie d'entreprise.

A cette fin, nous proposons la mise en place au sein de l'Ordre de Paris Ile-de-France d'un médiateur à la simplification.

Si les experts-comptables absorbent la complexité de leurs clients et sont source de simplification, qui absorbe la complexité que subissent nos cabinets ?

La mise en place d'un spécialiste de la simplification au sein de l'Ordre permettra de résoudre plus efficacement et plus rapidement les dysfonctionnements qui coûtent cher à nos confrères en temps passé et en stress ! Le médiateur est chargé de régler les problèmes que vous rencontrez avec les différentes administrations sur vos dossiers.

C'est une mesure qui impact directement la rentabilité de nos cabinet de manière positive

Au-delà de cette action urgente et conjoncturelle, et pour reprendre une expression désormais célèbre, je crois qu'il sera possible d'inverser la courbe de la complexité lorsque les automatismes apportés par la numérisation auront été intégrés dans nos process de production.

Lorsque la période de passage actuelle d'une production papier à une production dématérialisée, source de dysfonctionnement et de complexité, sera derrière nous, je ne doute pas de la capacité de notre profession, compte tenu de ses talents, de ses compétences, de son esprit d'entreprise, à conquérir les nouveaux marchés permis par l'évolution importante de notre périmètre obtenue par la mandature ECF depuis 8 ans.

Une étape importante devra cependant être franchie : celle de reconnaître à nos cabinets leur caractère d'entreprise à part entière !

Il n'est plus possible aujourd'hui de s'installer en posant sa plaque sans s'interroger sur son positionnement, sa différenciation, son offre de service.

Les cabinets installés doivent également mener cette réflexion en interne pour éviter de continuer à voir leurs marges et leur rentabilité se détériorer d'année en année.

L'Ordre a lancé Cap Performance qui a rencontré un grand succès. De nombreuses formations en management ont également été initiées : il faut poursuivre et amplifier cet effort pour conserver l'unité et la cohésion de notre profession.

 

 

 

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Le cabinet d'aujourd'hui est en pleine mutation. Depuis quelques années, imaginez-vous ce que la profession a vécu : les révolutions technologiques, l'apparition d'offres à bas coûts, de nouveaux périmètres de la réglementation, directives européennes, loi Macron et décrets d'application au vocabulaire choisi et incertain, les législations relatives aux entreprises et au travail, et j'en passe !

Toutes ces évolutions ont eu lieu en un laps de temps très court et ont bouleversé nos modèles organisationnel et structurel mais surtout économique, sans que les cabinets ne soient accompagnés dans leur combat quotidien pour le maintien de leurs marges.

Nous assistons donc, depuis plusieurs années, à la stagnation du chiffre d'affaires de la profession, voire à sa baisse. Les marges ont baissé sur les activités traditionnelles, notamment parce que le déclaratif nous a entraîné dans une spirale de travaux sans valeur ajoutée.

Ces constats faits, ma conviction est que notre rôle est de transformer cette évolution (périmètre des missions et la manière de les exercer) subie, en opportunité de développement de missions de conseil à forte valeur ajoutée et de réorganisation de notre modèle économique. Mais il s'agit aussi de restaurer l'autorité des instances ordinales, y compris le CRO de Paris Ile-de-France.

Pour mener à bien ce programme de redressement de la profession et de son attractivité, nous avons déterminé une quinzaine d'actions et projets prioritaires pour donner à la profession les moyens de ce rebond indispensable afin de mesurer « La croissance ensemble » dans la réalité des cabinets.

 

 

 

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L'évolution de notre rôle dans l'économie est très préoccupante. Les modifications législatives et réglementaires observées ces toutes dernières années, et qu'a en grande partie cautionnées ECF, nous conduisent vers un modèle à l'allemande.

Les Steuerberater, nos confrères en Allemagne - modèle souvent évoqué par ECF - sont des auxiliaires de l'administration fiscale qui établissent, contrôlent et garantissent les déclarations pour l'État allemand.

Le manque de vision stratégique et politique d'ECF nous mène vers la servitude volontaire et l'étatisation bureaucratique de notre métier impulsées par les Pouvoirs publics, la reconnaissance en moins.

La Profession est devenue délatrice (normes LAB), collecteur responsable des données et cotisations sociales (DSN), alibi servile du pseudo-choc de simplification, courroie de transmission docile du Gouvernement, victime consentante du RSI et bientôt collecteur solidaire de l'impôt.

Visions d'experts veut rompre avec cette stratégie en renforçant nos règles d'indépendance et en réaffirmant que notre métier est le conseil aux entreprise et non la prise en charge de tâches incombant aux administrations.

Force est de constater que les cabinets se paupérisent et que les plus fragiles risquent tout simplement de disparaître. Aucune politique n'a été mise en ½uvre pour leur venir en aide.

La déréglementation que personne ne semble vouloir apprécier à sa juste valeur est à notre porte. Sans que nos instances s'en émeuvent où agissent.

Les experts-comptables attendent légitimement davantage, à commencer par un soutien pour optimiser les missions et ouvrir de nouvelles voies de développement. Cela passe avant tout par la réappropriation collective de notre discipline : la comptabilité et, plus généralement, toutes les actions à base d'information comptable et financière.

Maîtrisons et promouvons les techniques comptables. Il faut réinvestir notre c½ur de métier qui nous différencie des professions concurrentes et qui demeure un socle d'activité pour l'avenir.

Aidons les experts-comptables à développer et pérenniser les véritables missions porteuses d'avenir (gestion financière, conseil en gestion, management de crise...) et à investir nos nouveaux marchés (non marchand, secteur public, international...).

Accélérons la mise en place de certifications professionnelles opérationnelles et réalistes de nos compétences afin de les placer au c½ur de notre exercice quotidien.

Accompagnons les cons½urs et confrères dans les évolutions réglementaires, notamment la communication et la déontologie.

¼uvrons pour le développement de l'inter-professionnalité de terrain, au-delà des discours de principe et des dispositifs essentiellement financiers.

 

 

Le cabinet d'aujourd'hui : état des lieux et modifications proposées

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