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Le tableau de flux de trésorerie : synthèse

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Catégorie : Finance et marchés financiers
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Tableau de flux de trésorerie

Un tableau de flux de trésorerie est l'un des outils essentiels d'analyse financière qui permet d'avoir une vision dynamique de la situation financière d'une entreprise.

Une entreprise peut être rentable au sens où elle fait des bénéfices mais se retrouver en situation de cessation des paiements, sans pouvoir faire face à ses échéances (délais de paiement).

 

Qu'est-ce qu'un tableau de flux de trésorerie ?

Le tableau de flux de trésorerie, permet d'analyser la provenance du flux net de trésorerie d'une entreprise et sa variation d'une année à l'autre en mettant en lumière les opérations qui ont généré des ressources de trésorerie (les encaissements) et celles qui ont consommé de la trésorerie (les décaissements).

Pour rappel, les flux de trésorerie permettent de rendre compte des mouvements de trésorerie. Ce sont les opérations encaissées ou décaissées.

 

Le tableau de flux de trésorerie : quel intérêt ?

Le tableau de trésorerie a plusieurs utilités puisqu'il permet notamment :

  • de déterminer la variation de trésorerie générée par les opérations de l'entreprise ;
  • de diagnostiquer la santé financière de l'entreprise ;
  • de comprendre comment l'entreprise génère de la trésorerie et comment elle l'utilise d'une année à l'autre ;
  • d'identifier la stratégie de l'entreprise (croissance interne, externe, etc.)  et son impact sur son avenir ;
  • d'évaluer la capacité de l'entreprise à financer ses investissements qui génèrent un besoin de trésorerie et à supporter le coût de ses engagements.

 

Comment faire un tableau de flux de trésorerie ?

Pour élaborer un tableau de flux de trésorerie, il est nécessaire de disposer des documents suivants :

Ces informations sont ensuite saisies dans le tableau de flux de trésorerie retenu par l'entreprise qui peut prendre plusieurs formes :

  • le tableau de l'ordre des experts-comptables (OEC) publié en 1988 ;
  • le tableau de flux de trésorerie conçu par la centrale de bilan de la banque de France CDB.

En général, les flux de trésorerie sont décomposés dans le tableau de flux de trésorerie en catégories :

  • le flux de trésorerie lié à l'activité : ce flux résulte de la différence entre les encaissements et les décaissements liés à l'activité de l'entreprise. Ce flux représente l'argent généré ou dépensé dans les opérations courantes de l'entreprise, excluant les activités d'investissement et de financement. En d'autres termes, c'est la valeur monétaire de la richesse créée par l'entreprise ;
  • le flux de trésorerie de l'activité (FTA) = capacité d'autofinancement (CAF) - Variation du BFR

Le FTA indique la capacité de l'entreprise à générer de la valeur monétaire à partir de son activité principale, et est souvent utilisé pour payer les dividendes ou rembourser les emprunts.

Pour calculer les flux de trésorerie, deux méthodes principales sont utilisées : la méthode directe et la méthode indirecte.

Méthode directe : cette méthode s'appuie sur les transactions réelles qui ont généré des mouvements de trésorerie durant une période donnée. On calcule le flux de trésorerie en additionnant tous les encaissements liés à l'activité d'exploitation et en soustrayant toutes les dépenses liées à l'exploitation.

Méthode indirecte : elle utilise les principes de la comptabilité d'exercice, où il y a souvent un décalage entre l'enregistrement des produits et des charges et les mouvements réels de liquidités. Ainsi, pour calculer le flux de trésorerie, on part du résultat net issu du compte de résultat et on effectue des ajustements pour annuler l'impact des écritures d'inventaire non monétaires (telles que les dépréciations et amortissements) de l'exercice comptable concerné. L'objectif est d'identifier le flux de trésorerie réel.

Aussi, il est possible de préparer un tableau de flux de trésorerie en se basant sur deux éléments :

  • le résultat d'exploitation : c'est le résultat obtenu en soustrayant les dépenses d'exploitation de l'ensemble des produits d'exploitation, sans tenir compte des produits et charges financières.
  • l'excédent brut d'exploitation (EBE) : l'EBE est calculé de manière similaire au résultat d'exploitation, mais il exclut les dépenses non monétaires telles que les dépréciations et amortissements et ne prend pas en compte les investissements.

Dans les tableaux de flux de trésorerie basés sur l'EBE ou le résultat d'exploitation, ces indicateurs servent de point de départ pour identifier les mouvements réels de trésorerie.

Comment construire un tableau de flux de trésorerie ?

Pour construire un tableau de flux de trésorerie, il faut partir des postes du bilan en valeurs brutes et calculer leur variation selon la formule :

Valeur initiale à la clôture N-1 + Augmentation - Diminution = Valeur finale N

D'autres éléments seront ensuite calculés comme la marge brute d'autofinancement ou la CAF selon le tableau à compléter.

La capacité d'autofinancement ne prend pas en compte le décalage de trésorerie, il est donc nécessaire de retirer la fraction qui corresponde à la variation du BFR liée à l'activité (créances client + créances diverses - dettes fournisseurs d'exploitation) sans tenir compte des dettes et créances sur immobilisations qui relèvent du cycle d'investissement.

N+1

N+2

N+3

CAF (capacité d'autofinancement)

 - Variation du BFR d'activité

= Flux de trésorerie lié à l'activité

Le flux de trésorerie d'investissement : ce flux est généré par les encaissements liés à la cession d'immobilisation nette des décaissements (liés à l'acquisition d'immobilisation).

Flux de trésorerie d'investissement (FTI) = Acquisitions d'immobilisations - cession d'immobilisations.

Ceux-ci concernent les mouvements de trésorerie liés aux acquisitions et cessions d'actifs corporels (comme les immeubles ou véhicules) et incorporels (comme les brevets ou marques).

 

N+1

N+2

N+3

Cessions d'immobilisations

 - Acquisitions d'immobilisation corpo, incorp, fin)

 - Variation du BFR lié aux opérations d'investissement

= Flux de trésorerie lié aux opérations d'investissement

Le flux de trésorerie du financement : ce flux est généré par différence entre les encaissements (apport en capital, etc.) et les décaissements (remboursement d'emprunt, distribution de dividende, etc.) liés au financement de l'entreprise.

Le flux de trésorerie du financement (FTF) :

 

N+1

N+2

N+3

Augmentation des capitaux propres

 - Versement de Dividendes

+ Nouveaux emprunts

+ Apport en compte courant d'associés

 - Remboursement des emprunts

 - Remboursement des comptes courants

 - Variation du BFR lié aux opérations de financement

= Le flux de trésorerie lié aux opérations de financement

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Ces flux traitent des mouvements de trésorerie liés aux activités financières, comme les emprunts, les fonds propres, ou le remboursement de dettes. Ils incluent les augmentations de capital, les emprunts, les remboursements d'emprunts et les prêts des actionnaires, ainsi que les dividendes versés.

La variation de trésorerie est calculée par addition des trois flux de trésorerie (activité, investissement et financement).

Flux de trésorerie disponible = Flux de trésorerie de l'activité (FTA) + flux de trésorerie de l'investissement (FTI).

 

Comment interpréter les flux de trésorerie ?



Flux de trésorerie positif

Lorsqu'une entreprise a un flux de trésorerie positif, cela signifie qu'elle génère plus d'argent qu'elle n'en dépense sur une période donnée. Ce surplus de liquidités offre à l'entreprise plusieurs options : elle peut réinvestir cet excédent, distribuer des dividendes aux actionnaires, ou rembourser ses dettes (emprunts, fournisseurs, etc.).

Un flux de trésorerie positif n'implique pas automatiquement que l'entreprise est profitable. Il est possible d'avoir un flux de trésorerie positif même en l'absence de bénéfices, de même qu'une entreprise peut être bénéficiaire sans pour autant générer un flux de trésorerie positif.

Flux de trésorerie négatif

Un flux de trésorerie négatif survient quand les dépenses d'une entreprise dépassent ses revenus sur une période spécifique. Cela ne signifie pas forcément que l'entreprise est en difficulté à moyen ou long terme.

Un flux de trésorerie négatif peut résulter de décisions stratégiques visant à développer l'entreprise. Toutefois, si les flux de trésorerie sont constamment négatifs ou irréguliers, cela peut susciter des inquiétudes chez les investisseurs, qui pourraient percevoir un tel modèle comme risqué.


Le tableau de flux de trésorerie : synthèse


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