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LegalTechs : les avocats mettent en musique la data et les algorithmes

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Comment les avocats gèrent la data et les algorithmes : exemples

La data et les algorithmes peuvent être utilisés de bien des manières différentes. Troisième révolution après l'informatique et internet pour certains, les données et surtout la data sont un « univers très convoité par les sociétés commerciales et notamment par les LegalTechs ».

Et comme l'indique Nathalie Attias, avocate et présidente de l'incubateur du barreau de Paris, « le développement des cabinets d'avocats passe par la data qui est une opportunité considérable ».

De nombreuses questions restent toutefois sans réponse et la charte éthique, qui a le mérite d'exister, « n'a pas d'effet contraignant et ne permet pas de régler les problèmes de responsabilité des plateformes ».

C'est pour tenter d'y réfléchir, à défaut de pouvoir y répondre, qu'a été organisée, la 3è nuit des LegalTechs, le 19 novembre 2019.

 

« La data irrigue toutes les nouvelles technologies et peut devenir un levier de développement concret pour les cabinets d'avocats »

Les données et la data ne sont pas totalement synonymes. Si la donnée est d'abord « le résultat d'un calcul, d'une organisation, d'une approche qualitative et quantitative », la data est l'idée selon laquelle les « données ont une puissance informationnelle qui ne sont pas le résultat d'un calcul mais d'une interprétation » estime Alain Bensoussan, avocat.

« Seules les données structurées peuvent être utilisées dans un projet lié à la data et les données non structurées, difficiles à traiter, nécessitent un travail préalable » rappelle Grégory Lewkowicz, professeur.

Avec ces données structurées, 3 axes de développement sont possibles via la data qui irrigue toutes les nouvelles technologies. Il s'agit, pour Arnaud Touati, avocat :

  • du développement client avec des techniques marketing et communication qui utilisent la data pour toucher des clients actuels ou de nouveaux clients dans des domaines précis ;
  • de la productivité : utiliser les outils pour faire gagner du temps et se concentrer sur les tâches à haute valeur ajoutée ;
  • de la déontologie et surtout de l'éthique dans l'utilisation des données dans le respect de la déontologie.

Il devient « possible d'en faire une sorte d'argument marketing, de faire face aux acteurs avec une véritable valeur ajoutée ».

 

« Le pétrole ne serait-il pas l'algorithme en lieu et place de la data ? »

Au sein des cabinets d'avocats, deux types de données sont potentiellement utilisables, individuellement au sein de cabinets ou collectivement. Ce sont les données collectées auprès des clients et les données générées par les cabinets eux-mêmes.

Il s'agit de « partir d'une donnée brute, d'en déduire des éléments informationnels complémentaires de ruptures à l'aide des algorithmes » explique encore Alain Bensoussan. Dans ce contexte, « la data est le violon et l'algorithme en devient l'archer ». La manière de « mettre en musique la data de différentes manières s'appelle l'intelligence artificielle ».

Elle peut alors être utilisée pour « mieux cibler ses clients, n'envoyer des informations qu'à une toute petite partie de la clientèle, celle qui pourrait avoir le type de problématique ciblé » estime à son tour Thierry Wickers, avocat.

 

« L'ubérisation devrait s'accélérer dans les années 2020-2025 »

Aujourd'hui, il est déjà possible d'utiliser les algorithmes pour leur demander d'effectuer un certain nombre de recherches juridiques pour l'avocat. L'algorithme répond ensuite simplement à la question, oralement ou par écrit.

Pour l'obtenir, « il suffit de savoir coder pour sortir le renseignement, la classification et la réponse aux questions les plus basiques des travaux de l'avocat » témoigne Alain Bensoussan qui a créé son propre outil pour automatiser ces tâches et gagner du temps.

Le travail sur la donnée ne fait donc que commencer, que ce soit au sein des cabinets d'avocats ou au sein des entreprises. L'avocat qui pourra se saisir de cette opportunité pourra exercer deux nouveaux métiers :

  • le « digital protection officer » qui guide les entreprises dans la conformité avec le RGPD et la loi informatique et libertés ;
  • son équivalent pour les algorithmes.

La data peut ainsi devenir un levier de développement important de la clientèle des avocats et l'ubérisation pourrait bien s'accélérer encore. On parle ici d'avocats secondés par des algorithmes qui « ubérisent » les avocats qui ne le seraient pas.

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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