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Les entrepreneurs comprennent qu'on a besoin d'investir en soi, pour investir dans sa société

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Catégorie : Le monde des entrepreneurs
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Modifié le 30/11/2016
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Entrepreneure pour voyager

Biba Pedron a pleinement réalisé son « american dream » : déterminée et constante dans tout ce qu'elle entreprend, elle a réussi à s'installer aux Etats-Unis pour y travailler et démarrer une carrière de renom dans le conseil et le coaching aux entrepreneurs. De retour en France à l'occasion de la sortie de son livre Sauter le pas – Transformez votre passion en business à succès le 22 juin prochain, Biba Pedron a trouvé le temps de nous accorder une interview. 

Découvrez la première partie de cette interview, particulièrement consacrée à l'entrepreneuriat.

Introduction

L'entrepreneuriat, la communication et le digital sont des thématiques que Biba Pedron côtoie de près depuis plusieurs années. Son parcours atypique lui a permis d'acquérir expériences et conseils à prodiguer aux entrepreneurs en particulier, mais aussi à l'ensemble des professionnels en général, pour améliorer leur manière de communiquer et rendre leurs réseaux pleinement efficaces. Biba Pedron a accepté de répondre aux questions de Compta Online sur ces sujets divers.

 

Présentation

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Après 15 ans passés à un poste de commerciale et de responsable des ventes, Biba Pedron s'envole pour les Etats-Unis où elle devient business coach et consultante, experte en marketing networking et réseaux sociaux.

Elle assiste particulièrement les entrepreneurs anglophones, qui la surnomment « The Connection Queen », en les conseillant et en les sensibilisant à l'importance des réseaux (sociaux et réseaux tout court). Depuis 2012, elle étend son coaching à la francophonie (France, Canada, Suise, Belgique, mais aussi Afrique). Récemment nommée « Entrepreneur Exceptionnel de l'année » par « The International Society of Business Leaders », elle publie un ouvrage réunissant l'ensemble de ses conseils aux entrepreneurs, le 22 juin prochain : Sauter le pas – Transformez votre passion en business à succès, aux éditions Aska.

 

Interview



Qu'est-ce-qui vous a déterminée à vous consacrer à l'entrepreneuriat ?

Je n'étais pas spécialement disposée à entreprendre. Ma consécration à l'entrepreneuriat est née d'un concours de circonstances. Ce qui a déterminé tout cela, ce fut la motivation de se dire « je monte quelque chose même si je n'y connais rien ». J'ai toujours été comme ça : plus on me dit non, et plus ça me booste !

A l'origine, c'était dans le but de pouvoir partir aux États-Unis. J'ai effectué pas mal d'allers retours à partir de 1992. C'était mon rêve de petite fille de travailler à New York. Je faisais des voyages aux États-Unis dès qu'il y avait des vacances. En avril 98, j'ai donc quitté mon entreprise pour créer la mienne en France de sorte à n'avoir à me servir que d'un ordinateur et d'un téléphone pour me déplacer si besoin. J'ai commencé en tant que télé-secrétaire. Ce métier ne me correspondait pas vraiment, mais je proposais toujours de la prise de rendez-vous par téléphone, puis c'est peu à peu devenu du télé-marketing, particulièrement à destination des PME-TPE.

En 2000-2001, je suis partie aux États-Unis pour tester si je pouvais exercer mon activité depuis là-bas. J'avais informé mes clients de mon départ. Puis, je suis revenue au bout de 15 jours et certains clients m'ont demandé quand je partais. C'était la preuve que le test avait fonctionné ! A partir de ce moment, j'ai passé 3 mois en France puis 3 mois à New York.

Le fait d'aller aux États-Unis me permettait de découvrir une autre culture.

La culture française ne me satisfaisait pas. Aux US, c'est la culture du positif, du « tout est possible », du « on trouvera une solution quoi qu'il arrive », ce qui n'est pas le cas en France. Je me souviens du moment où mon avion a atterri à New York : j'ai eu un frisson qui signifiait « je suis à la maison ».

Je me suis inventée entrepreneure pour pouvoir voyager.

 

Comment évaluez-vous l'entrepreneuriat en France ?
Diffère-t-il radicalement de la manière d'entreprendre américaine ?

Je suis revenue il y a 2 mois en France, je n'étais pas revenue depuis 10 ans.

Il y a une expression qui décrit bien l'une des différences entre la France et les US : les américains vivent pour travailler, les français travaillent pour vivre. Là-bas, les grèves n'existent pas. La mentalité par rapport au travail n'est pas du tout la même. La différence de mentalité avec les US, c'est cette notion que là-bas, tout est possible, « the sky is the limit » (« le ciel pour seule limite », autrement dit « il n'y a pas de limite », NDLR) comme disent les américains. En France, beaucoup s'arrêtent au bout de quelques difficultés. Les idées sont là, mais tout part de la mentalité.

Heureusement, elle évolue en France ; de plus en plus de gens se diront que c'est possible. Il finira par y avoir suffisamment de visionnaires.


La plupart de mes clients sont entrepreneurs ou indépendants. Pour ce qui concerne l'entrepreneuriat en France par rapport au cas américain, j'ai l'impression que les français rattrapent leur retard d'un an, chaque mois. Les gens arrivent davantage à cette mentalité américaine de travailler plus, d'être moins focalisé sur les vacances, la relation à l'argent n'est plus taboue...


La nouvelle culture arrive en masse, donc il faut le temps que tout se mette en place.

Tout est parti de la crise de 2008. Il y avait un eldorado, et on voulait s'y raccrocher puisqu'on risquait de tout perdre. On s'est mis à entreprendre. C'est comme ça que sont arrivés tous les sujets sur le développement personnel, les formations, les blogs... Et le financement qui va avec. Les gens en avaient besoin pour eux-mêmes, puisqu'ils se lançaient seuls pour rebondir.

C'est une bonne chose que ça bouge en France, mais c'est encore un petit groupe. Au final, la France va mal, mais il y a de l'espoir (rires).

 

Quels sont les éléments sur lesquels vous devez le plus sensibiliser les entrepreneurs ?
Et pourquoi ?

Le plus important est la visibilité ; une fois qu'on est visible, le plus gros est fait. C'est une magie qui fait qu'on peut atteindre n'importe qui.


Il faut aussi du marketing, il faut la bonne stratégie. On doit donc s'y former.

Dans certains métiers comme la comptabilité, on ne connaît pas le marketing. Ils n'y pensent pas ou n'en voient pas encore l'utilité. Ils considèrent une formation en marketing comme un coût, et non comme un investissement.


Pourtant, il faut avoir une stratégie marketing, il faut savoir aller chercher l'information ! La base du marketing est la même pour tout le monde, après on l'adapte selon son activité.


Si on est « à la traîne », on ne peut s'en prendre qu'à soi-même, car l'information est au bout des doigts.

De plus, il ne faut surtout pas adopter la technique papillon : passer d'un support à un autre, en n'étant constant sur aucun. Les sociétés qui agissent ainsi ne tiennent pas. En moyenne, il faut attendre 2-3 ans avant que le business prenne.


Les entrepreneurs commencent à comprendre qu'on a besoin d'investir en soi, pour investir après dans sa société. Il ne faut donc pas avoir peur d'investir sur soi-même, en soi-même. Quand on n'investit pas financièrement, on n'a pas la valeur des choses. Une formation via un e-book gratuit n'aura pas la même valeur que la formation qu'on paye plus de 1000 euros. On est obligé de s'investir dans ce qu'on fait car on a investi financièrement, et on veut son retour sur investissement.


Les gens ont compris qu'aujourd'hui, s'ils voulaient se développer, il fallait investir dans le coaching. Il y a quelques années, 100 euros investis dans une formation, c'était déjà trop.

C'est aussi ce qui diffère des américains : eux, savent que pour gagner de l'argent, il faut en dépenser au début. Encore une fois, la mentalité avance très vite et la France rattrape son retard sur les États-Unis. Beaucoup d'entrepreneurs vont se former aux US et reviennent avec un nouveau savoir.

 

C'est aussi grâce aux réseaux sociaux, puisque l'information y arrive instantanément. Il n'y a plus de frontières grâce à eux.


Ramener la culture US, adaptée à la culture française est devenu facile, tout va beaucoup plus vite.

D'autre part, j'ai lancé le sommet « succès de femmes » parce que je me suis aperçue qu'il y avait peu de femmes visibles dans l'entrepreneuriat. Plus qu'une passion, c'est une mission pour moi d'aider les femmes entrepreneures à se développer. Beaucoup de femmes ont décidé de lancer leur business suite à ce sommet. Elle se disent : « je sais qu'il y en a d'autres qui sont comme moi, et je sais donc que je peux me lancer ».

Plus il y aura des modèles de femmes qui réussissent, plus d'autres se lanceront et feront la même chose avec celles qui les suivront. Ce n'est pas parce que l'on pense grand que c'est irréalisable.

 

Découvrir le sommet « succès de femmes » : succesdefemmes.com

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