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Les experts-comptables doivent-ils craindre l'intelligence artificielle ?

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Catégorie : Actualité des métiers du chiffre
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Modifié le 18/10/2017

Comment l'intelligence artificielle peut aider les experts-comptables

L'intelligence artificielle promet des bouleversements bien plus grands que l'internet qui a pourtant beaucoup impacté les cabinets d'expertise comptable et toutes les entreprises du monde.

Faut-il la craindre ou peut-on l'utiliser à bon escient ? De l'automatisation de la saisie à la co-botique, lorsque l'homme se met à travailler avec les robots pour gagner en efficacité.

La 13è convention de CEGID s'est déroulée les 5 et 6 juillet 2017 à Monaco en présence de nombreux experts-comptables. Pendant deux jours, tous ces professionnels ont pu se former et en apprendre davantage sur les évolutions des logiciels et les nouvelles opportunités offertes par le Cloud, la robotisation et l'intelligence artificielle.

Une manière pour CEGID de rappeler son engagement auprès de la profession depuis 1983, engagement qui restera dans son ADN quelles que soient les évolutions à venir.

Ainsi, l'objectif de l'éditeur est d'aller toujours plus loin dans les innovations, et d'accompagner les experts-comptables dans leurs relations avec leurs clients.

13è convention de CEGID

 

Comment fonctionne l'intelligence artificielle ou la robotique : de quoi parle-t-on ?

L'intelligence artificielle est née en 1956 avec pour objectif de permettre aux ordinateurs de résoudre des problèmes de haut niveau en reproduisant les schémas de pensée des humains.

Il s'agit donc essentiellement de représenter des connaissances et d'effectuer les choix les plus pertinents parmi un très grand nombre de possibilités. Ces choix pertinents ont permis à l'intelligence artificielle de remporter la victoire aux échecs contre Gary Kasparov en 1997 et au jeu de Go, contre Lee Sedo en mars 2016. Entre les deux dates, ce sont les méthodes d'apprentissage ou le machine learning qui ont permis à la machine de gagner au jeu de Go, bien plus complexe que les échecs en terme de nombre de parties possibles.

Parler d'intelligence artificielle oblige également à distinguer deux concepts différents : l'intelligence artificielle forte et l'intelligence artificielle faible.

L'intelligence artificielle forte dispose d'une grande autonomie et peut théoriquement aller jusqu'à la conscience de soi. C'est une vision proche de celle qui a été véhiculée dans certains films.

L'intelligence artificielle faible est celle qui nous intéresse aujourd'hui. Elle naît de la volonté d'un ingénieur ou d'un concepteur de logiciels, de construire des systèmes et algorithmes dans le but de résoudre des problèmes spécifiques. La machine ne fait qu'exécuter les instructions de l'homme.

On y ajoute les techniques d'apprentissage de l'intelligence artificielle qui nécessitent le Big Data, la disponibilité des données en masse et des méthodes probabilistes et neuronales pour extraire des informations pertinentes de ces données à l'aide d'une grande puissance de calcul.

« Quand on ouvre le champ des possibilités de l'utilisation de l'intelligence artificielle, elle fait à la fois très peur » et est intéressante précise André Brunetière, membre du Comité de Direction du Groupe CEGID. L'intelligence artificielle pense à la place de l'homme et « crée des comportements qui ne sont pas forcément ceux vers lesquels on aurait voulu aller avec son libre arbitre ». Elle « crée aussi des mécanismes d'assistance voire des mécanismes de prévention qui sont intéressants ».

Dans le monde des affaires, il s'agira d'aller vers des « mécanismes d'assistance, d'informations, de prévention, de préconisations d'actions qui peuvent simplifier la vie et donner à l'intervention humaine encore une valeur supplémentaire ».

 

Utiliser l'intelligence artificielle pour se réinventer ?

L'intelligence artificielle va probablement révolutionner l'organisation des cabinets mais également de nombreux autres secteurs. Aujourd'hui, les « ordinateurs sont déjà capables d'identifier ce qui se passe en temps réel à l'aide des caméras » précise Guillaume Renaud, directeur des partenariats avec les éditeurs de logiciels chez Microsoft. Cette technologie est utilisée pour permettre aux logiciels de conduire une voiture.

D'autres algorithmes permettent la traduction instantanée au sein d'une visioconférence, le pilotage de la machine par la voix ou le classement automatique des emails prioritaires par un robot. « Si le robot a accès aux informations contenues dans les mails pour effectuer le classement, il ne les lit pas mais se base sur le comportement de l'utilisateur. » rappelle encore Guillaume Renaud.

Dans tous les cas, la relation avec le robot doit être basée sur la confiance à la fois dans les résultats obtenus et dans le prestataire qui collecte les données, qui doivent rester la propriété du client. Et avec cette confiance, les possibilités deviennent infinies.

Plus spécifiquement pour les experts-comptables, on peut aisément imaginer la création d'un robot qui va guider le client de l'expert-comptable dans l'utilisation de la plateforme du cabinet et répondre automatiquement aux questions les plus fréquentes.

On peut aussi imaginer un outil CEGID dirigé par la voix humaine, par simple ajout des outils déjà proposés par certains éditeurs via les APIs alors que le logiciel n'avait pas été conçu pour cela à l'origine.

Pour Pascal Lienard, Directeur de l'Offre Profession Comptable et TPE chez CEGID « ces évolutions et plus particulièrement l'application mobile sont fondamentales parce que c'est un des éléments qui va permettre de vendre la mission dans les TPE ».

Le Big Data obtenu à travers les factures scannées par les utilisateurs va permettre « d'améliorer encore la reconnaissance » et donc les produits proposés aux experts-comptables et à leurs clients.

A terme, le Big Data couplé à l'intelligence artificielle permettra de proposer une passation d'écritures qui sera la plus réaliste possible par rapport au code APE ou de l'activité concrète du client.

Il permettra aussi probablement la création d'un plan de comptes par activité qui soit standardisé et facilement transférable d'un collaborateur à un autre.

Enfin, l'intelligence augmentée pourra servir dans l'audit ou pour anticiper les résultats des contrôles fiscaux soit à partir des écritures comptables, soit à partir d'un fichier des écritures comptables.

L'outil APC, pour Audit de Production Comptable, de CEGID permet déjà d'utiliser par exemple la loi d'apparition des nombres de Benford pour repérer certaines anomalies. L'apparition d'écarts sur cette loi peut parfois être le signe d'écritures inventées ou non conformes.

On pourra alors parler de co-botique, lorsque l'expert-comptable travaille avec le robot pour aller plus loin que la mission traditionnelle classique et mieux accompagner et informer son client.

Plus d'infos

Voir les replays des ateliers en vidéo : go.cegid.com

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Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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