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La nullité d'un contrat en droit civil

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Catégorie : Actualité fiscale et droit des sociétés
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Nullité d'un contrat

Pour obtenir la nullité d'un contrat ou plus exactement son annulation, il faut soit l'accord des parties, soit une décision judiciaire. La nullité prononcée par le juge ne peut intervenir que dans des cas très précis.

La nullité existe pour sanctionner un défaut dans la formation du contrat et non pour régler un désaccord ou une mésentente. Ce défaut dans la formation du contrat doit exister dès l'origine (dès la conclusion du contrat).

La nullité ne doit pas être confondue avec des notions voisines telles que la résolution, la caducité ou l'inopposabilité. C'est la résolution du contrat qui sanctionne l'inexécution d'un contrat valablement formé.

Lorsqu'un élément essentiel à la validité du contrat disparaît (postérieurement à la formation du contrat) et que ce contrat ne produit plus aucun effet à l'avenir, on parle de caducité.

Enfin l'inopposabilité, qui prive le contrat de tout effet à l'égard des tiers ne concerne pas les cocontractants.

Focus DSCG

Dans le cadre de l'UE1 du DSCG, les conditions de validité du contrat et le thème de la nullité ont pu être abordés en 2014 et 2016 par exemple.

 

Nullité d'un contrat conclu : quelques exemples

En matière de nullité, il faut distinguer les cas de nullité absolue des cas de nullité relative.

En vertu de l'article 1179 du code civil :

La nullité est absolue lorsque la règle violée a pour objet la sauvegarde de l'intérêt général.

Elle est relative lorsque la règle violée a pour seul objet la sauvegarde d'un intérêt privé.

La nullité absolue peut être invoquée par tout intéressé et le ministère public. La nullité absolue sanctionne les règles qui ont pour objet de sauvegarder ou protéger l'intérêt général.

En cas de nullité relative, seule la personne protégée (ou son représentant légal en cas d'incapacité) peut l'invoquer.

Les principales causes de nullité absolue sont l'absence de consentement ou l'absence de contenu licite ou certain. On peut y ajouter le fait que le contrat doit respecter des règles de forme (on parle de vices de forme) ou la méconnaissance d'une règle d'ordre public.

En matière de nullité relative, on peut citer les vices du consentement (en cas de dol, erreur ou violence), le défaut de capacité de l'un des cocontractants ou encore l'inobservation d'une règle de protection du consommateur par exemple.

 

Nullité d'un contrat : prescription et exception de nullité

Sans décision judiciaire ou constatation conventionnelle par les parties, un contrat, même frappé de nullité, continue de produire ses effets entre les cocontractants. Une partie peut donc renoncer à la nullité du contrat à condition qu'il s'agisse d'une nullité relative. C'est la confirmation qui ne peut intervenir qu'après que la violence a cessé (article 1182 du code civil).

Le délai de prescription est le délai de droit commun de cinq ans (quel que soit le type de nullité) sauf si un texte spécial en dispose autrement.

Le délai de prescription se calcule à compter du jour (point de départ) où le titulaire de l'action en nullité a connu (ou aurait dû connaître) les éléments qui lui permettent d'exercer son action.

Il s'agit ici d'une prescription extinctive qui ne joue pas si un cocontractant décide d'attendre la fin de ce délai pour demander l'exécution du contrat.

L'autre partie conserve toujours la possibilité de faire échec à une action en exécution du contrat en invoquant l'exception de nullité devant le juge (qui vérifie alors les conditions de validité de l'acte juridique). C'est valable même si le délai pour agir en nullité est dépassé.

 

Les conséquences d'une action en nullité : l'annulation rétroactive du contrat

La nullité de l'acte juridique ou du contrat a pour conséquence de provoquer l'annulation rétroactive du contrat. Dès lors qu'une des parties au contrat a décidé de se prévaloir de la nullité, tout se passe comme si le contrat n'avait jamais existé.

Les parties sont placées dans la situation qui aurait été la leur si le contrat n'avait jamais été formé. Lorsque l'acte a reçu un commencement d'exécution, l'annulation peut prendre la forme de restitutions prévues aux articles 1 352 et suivants du code civil.

Lorsque la restitution n'est pas possible, par exemple parce qu'il s'agit d'une prestation de services qui a déjà été partiellement effectuée, la restitution peut prendre la forme d'une indemnité.

La nullité même absolue peut ne pas être intégrale, par exemple en présence d'une clause illicite qui n'oblige pas à annuler le contrat dans son ensemble.

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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