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Régis Samuel : « L'investissement de Drakarys dans MyUnisoft est une fierté pour la profession »

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Catégorie : Actualité des métiers du chiffre
MyUnisoft

Drakarys, le nouveau fonds d'investissement des experts-comptables, vient de prendre une participation dans MyUnisoft, l'éditeur connu pour sa solution comptable au modèle « For us by us ».

Régis Samuel, CEO de MyUnisoft, détaille les enjeux et conséquences de cet investissement.

Que représente pour vous l'arrivée de Drakarys au capital de MyUnisoft ?

Pour moi, c'est avant tout une fierté pour la profession, un aboutissement. Je compare souvent la situation actuelle des experts-comptables à celle des banques et des agriculteurs dans les années 70 ou 80. Les premiers, face à l'arrivée d'une nouvelle technologie et d'un risque de désintermédiation, ont constitué un groupement, le GIE CB [Carte bancaire], et se sont repositionnés au centre du jeu. C'est d'ailleurs une des raisons qui font qu'aujourd'hui les banques françaises sont parmi les plus puissantes sur le marché. Les agriculteurs, pendant la même période, sont devenus techno-dépendants de grands groupes industriels et en souffrent encore aujourd'hui.

La profession pourrait elle aussi, dans les années à venir, se retrouver dans une situation de techno-dépendance. D'autant plus avec l'enjeu de la data, qui va définir les missions de demain. Il pourrait être dangereux de mettre notre avenir entre les mains d'éditeurs dont les intérêts ne seront pas toujours en adéquation avec les nôtres.

L'arrivée de Drakarys confirme notre approche, qui consiste à remettre la technologie entre les mains des experts-comptables eux-mêmes. La profession est extraordinairement bien placée en termes de proximité avec le dirigeant d'entreprise, et de taux de confiance. Il ne manque que la maîtrise de la brique technologique pour conforter cette place.

 

Que la profession ait intérêt à maîtriser la technologie, c'est une chose, mais en a-t-elle les moyens financiers ? Les levées de fonds de la Comptatech se comptent en dizaines de millions d'euros actuellement.

Le montant des levées de fonds est impressionnant, c'est certain, mais il faut prendre le temps d'analyser les choses.

Tout d'abord, observez la manière dont ces sommes sont dépensées. Quand on y regarde de près, on voit que la majeure partie des fonds levés sont utilisés pour l'acquisition de nouveaux clients. Lorsqu'on veut se substituer aux experts-comptables et qu'on s'adresse directement aux chefs d'entreprises, ce coût d'acquisition est extrêmement élevé. Chez MyUnisoft, nous avons choisi un tout autre modèle. Nous n'avons pas besoin de démarcher les chefs d'entreprises, puisque nous travaillons avec les cabinets d'expertise comptable, qui disposent de leurs propres portefeuilles clients. Ce poste de dépenses, qui explique une grande partie des sommes levées dans la Comptatech, est donc très faible chez nous.

Par ailleurs, la plupart des startups ayant fait la une des médias ces derniers temps n'ont que quelques mois, quelques années d'existence tout au plus. Forcément, le lancement et l'amorçage de ce type de projets nécessite beaucoup de temps et d'argent. MyUnisoft est une solution qui existe depuis de nombreuses années, et qui évolue constamment sur la base du retour de ses utilisateurs. Nous ne partons pas de zéro. Il reste encore beaucoup de choses à faire, mais notre solution est plus mature.

Pour toutes ces raisons, je pense que la profession n'a pas besoin d'investir des centaines de millions d'euros pour maîtriser la technologie et disposer d'une solution adaptée à ses besoins.

 

La prise de participation de Drakarys va-t-elle influer sur la stratégie de MyUnisoft ?

Le fondement même de la stratégie de MyUnisoft est l'échange, la co-construction avec la profession. Notre capital est déjà détenu par des experts-comptables, ce sont déjà eux qui définissent notre stratégie.

Mais pour répondre plus directement à votre question, il est important de préciser que Drakarys n'aura pas plus de poids dans la décision que les autres parties prenantes du projet. Oui, la profession se donne les moyens d'avancer vers son indépendance numérique, et c'est une bonne chose, mais MyUnisoft reste une entreprise commerciale. Ses dirigeants ne sont pas des élus du Conseil supérieur, et il est important que nous conservions une vision stratégique à long terme, décorrélée des enjeux électoraux. Nous étions d'accord sur ce point dès le début des négociations, et c'est pour cela que c'est un fonds dédié qui entre au capital de MyUnisoft, et non le Conseil supérieur lui-même.

 

L'arrivée de Drakarys va-t-elle permettre un accès privilégié de MyUnisoft à certaines ressources de la profession, et notamment à ses données ?

Non, ce n'est pas l'objet de cette prise de participation et ce n'est tout simplement pas possible d‘un point de vue juridique. Ceci dit, chez MyUnisoft nous sommes, depuis le début, dans une logique d'ouverture. Notre solution se veut interopérable, ouverte sur les flux de données existants, quels qu'ils soient.

 

La prise de participation inclut-elle une clause de sortie d'ici quelques années, comme c'est souvent le cas avec les fonds d'investissement ?

Non. Il ne s'agit pas ici d'une prise de participation spéculative, visant à réaliser une plus-value à court terme. L'objectif affiché par Drakarys est clair : travailler sur le long terme pour servir les intérêts des experts-comptables, et co-construire avec MyUnisoft les outils de demain.

Julien Catanese

Julien Catanese
Directeur éditorial de Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Diplômé d'expertise comptable, après 7 ans en tant que rédacteur en chef puis directeur de la rédaction Fiscalistes et experts-comptables chez LexisNexis, je rejoins l'équipe Compta Online en juin 2020.
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